‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 2)Chapitre 176 sur 284 · Voyage en Italie, t. II, p · texte numérisé non relu

Voyage en Italie, t. II, p

E. Müntz. — II. Italie. L'Age d’Or. oc

Donatello, ignoraient, ou peu s’en faut, le secret de grouper des figures en ronde bosse, d’en marier harmonieusement les lignes, d’établir entre elles un rapport vivant, éloquent (t. I, p. 5oc>). Une série de maîtres s’appliquèrent à combler cette lacune : Verrocchio, dans l'Incrédulité de saint Thomas , Sansovino, dans le Baptême du Christ et dans la Sainte Anne (église de Sant’ Agostino, à Rome), Rustici, dans la Prédication de saint Jean-Baptiste, Fra Paolino, dans la Visitation, triomphèrent des dernières difficultés. Quant à Michel-Ange, emporté par sa passion pour le mouvement et la couleur, peutêtre ne mit-il pas assez d’harmonie dans ses groupes, à commencer par la Pietà de Saint-Pierre de Rome; les lignes en sont souvent heurtées, comme le sont d’ailleurs chez lui les draperies : de même qu’il appliquait à la peinture les règles de la statuaire (on sait quel arsenal inépuisable les sculpteurs ont trouvé depuis bientôt quatre siècles dans les fresques de la chapelle Sixtine), de même il introduisit dans la statuaire des effets propres à la peinture. Il rendit la sculpture picturale et la peinture sculpturale.

Disons à sa décharge que Verrocchio l’avait précédé dans cette voie : le premier il s’était attaché au pittoresque, rompant ainsi avec la tradition de l’École florentine. Sauf dans le David et le Colleone, la silhouette est aussi peu accusée que possible chez lui. Mais que de vie latente! Comme il a cherché, dans les draperies, à se rapprocher de la réalité ! On croirait parfois qu’il a poursuivi dans la statuaire des effets de clair-obscur.

Ornement tiré de la Chartreuse de Pavie.

Fragment du tombeau de Béatrix et de Lavinia Ponzetti (i5o5). (Eglise > Santa Maria délia Pace » à Rome.

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