Gualandi, Nuova Raccolta di Lettere, t. I, p
BERTOLDO ET ADRIANO.
très certainement cette incohérence qu’il serait inique de mettre au compte de Donatello, même octogénaire. On lui a fait honneur, dans les derniers temps, de la Descente de croix , bronze du Musée national de Florence, attribué parfois à Pollajuolo (gravé ci-dessus, p. 160), et du Triomphe de Silène, en bronze également (même collection). Mais ces attributions attendent leur confirmation '.
En 1483, Bertoldo se trouvait à Padoue, 011 l’œuvre de la basilique de Sant’ Antonio lui avait commandé deux bas-reliefs, Pharaon noyé dans la mer Ronge et Jouas. Son essai, n’ayant pas plu (« corrisposto »), fut refusé h
Bertoldo, à son tour, eut pour élève Adriano Fiorentino ou Adriano di Giovanni de’ Maestei, sur lequel les recherches récentes de MM. Courajod et de Fabriczy sont venues jeter une si vive lumière1 2 3. L’œuvre de ce maître, qui passa une partie de son existence en Allemagne et que nous retrouverons au moment où nous étudierons l’histoire de l’art dans ce pays, est peu connu jusqu’ici. On sait seulement qu’il fondit le groupe du Bellérophon, modelé par Bertoldo. Une statuette de Vénus (de 40 centimètres de haut) a été récemment acquise par M. Foule (signée « Hadrianus me f. »); la déesse, nue, debout, le bras droit retombant, le bras gauche levé pour arranger sa chevelure, se distingue par un mélange de grâce et de réalisme. Un autre ouvrage d’Adriano, un buste de Frédéric le Sage, duc de Saxe (1498), est conservé au Musée des Antiques de Dresde.
N’eussent été les exigences de la chronologie, il eût été rationnel de Etire tenir l’histoire de la dynastie entière des délia Robbia dans notre premier volume : même ceux d’entre eux qui ont vécu au xvic siècle sont en effet des Primitifs, des Primitifs par leur technique désormais surannée, des Primitifs par leur style4.
Luca, comme on l’a vu, était mort sans enfants : ce fut son neveu Andrea (l435-i 52?) qui recueillit son héritage artistique.
Andrea ne chercha ni à perfectionner ni à développer les procédés techniques que lui avait légués son oncle (il n’employait dans ses compositions que le bleu et le blanc, réservant les émaux polychromes pour les encadrements et les bordures). Néanmoins les productions de son atelier revêtirent un caractère sensiblement différent de celui que leur avait imprimé Luca : le souci de la décoration y occupa une place prépondérante et l’on y multiplia les éléments