LE GROUPEMENT DES ÉCOLES
nous déroute tout à coup par l’apparition de deux génies aussi primesautiers que Léonard de Vinci et Michel-Ange. L’École siennoise, qui se traînait
Exemple de Plafonnement. Saint- Ambroise. Peinture à fresque de Vincenzo Foppa. (Eglise Sant’ Eustorgio à Milan.)
péniblement, reçoit un regain de vitalité par l’arrivée d’un étranger venu du fond de la Lombardie, le Sodoma. L’École ombrienne, qui dispute à l’École florentine la suprématie de la capitale du monde catholique, surgit, par contre,
sans que rien eût fait présager son avènement. Et quelle éblouissante apparition que l’École vénitienne et l’École milanaise ! Ce que l’on appelle la manière, je veux dire une certaine analogie de procédés matériels et de types, permettrait à la rigueur de délimiter ces différents groupes. Mais si nous nous attachons aux idées et aux sentiments, comment nous orienter? Pérouse, Bologne, Venise, expriment tour à tour le recueillement et l’extase; Signorelli est Ombrien par son mysticisme, Florentin par sa puissance dramatique; Léonard, Florentin par son réalisme, Milanais par sa suavité; Raphaël, enfin, procède des Ombriens par son émotion, des Florentins par sa science du dessin et par la netteté de ses conceptions, comme il procède de l’antiquité, incarnée dans la ville de Rome, par son ampleur philosophique, par ses côtés si profondément humains.
Devant ces difficultés, auxquelles viennent s’ajouter celles qui résultent de la division chronologique des matières, j’ai dû renoncer à une classification systématique et adopter pour base, tantôt la biographie de personnalités éclatantes, tantôt le groupement par régions. Je présenterai donc d’abord au lecteur le grand Andrea Mantegna, dont toutes les productions offrent un caractère si frappant d’unité, qu’elles aient pris naissance à Padoue, à Vérone, à Mantoue ou à Rome. A l’étude sur Mantegna fera suite la notice sur l’École de Ferrare, qui fut à tant d’égards sa tributaire. Le second chapitre sera consacré à l’École florentine, représentée par Benozzo Gozzoli, Botticelli, Ghirlandajo, Filippino Lippi, les Pollajuolo, Verrocchio, Léonard de Vinci et Fra Bartolommeo. Dans le troisième je passerai en revue les maîtres toscanoombriens et les maîtres ombriens, Melozzo da Forli et Signorelli, le Pérugin et Pinturicchio. Le quatrième chapitre sera consacré à Raphaël, le cinquième à l’École vénitienne, le sixième enfin à l’Ecole milanaise et à son immortel fondateur, Léonard de Vinci.
Croquis de Cavalier, par Verrocchio.
Le Portement de croix, par Ercole dei Roberti. (Musée de Dresde.)