L’ÉCOLE OMBRIENNE
ziano, de Piero délia Francesca et de Benozzo Gozzoli, avait assez de notoriété dès le milieu du siècle pour que le pape Nicolas V l’appelât à Rome et lui confiât la décoration d’une partie du palais du Vatican (iqfio-iqfie). De 1464 jusqu’à sa mort, il travailla aux fresques de la chapelle du Palais public de Pérouse — la Vie de saint Herculien et de saint Louis de Toulouse. Quoique plus âgé que Pinturicchio, il s’associa avec ce dernier. On constate dans ses peintures (une Adoration des Mages, une Madone entourée de saints, etc., à la Pinacothèque de Pérouse) une certaine raideur et un certain archaïsme, relevés cependant par un coloris chaud et harmonieux. Le sentimentalisme qui devint plus tard la note dominante de l’Ecole ombrienne y fait complètement défaut. L’abus des portraits dans les compositions religieuses ne contribue pas moins à distinguer Buonfigli du Pérugin, qui s’efforça toute sa vie de créer des figures idéales.
Fiorenzo di Lorenzo (dont le premier tableau à date certaine est de 1472 et qui mourut après 1 52 1) est le successeur plutôt que l’élève de Buonfigli; il s’inspira, lui aussi, de Piero délia Francesca et de Benozzo Gozzoli, peutêtre même de Verrocchio et de Ghirlandajo. Parmi ses peintures, conservées soit à Pérouse, soit dans les collections de l’étranger (Musée de Berlin, etc.), on remarque les scènes si vives et si pittoresques de la Vie de saint Bernardin, avec leur mimique animée et leurs riches fonds d’architecture.
« Le style de ces tableaux, dit Passavant, semblerait appartenir à une plus ancienne école, car il est dur et rude dans les contours, blafard et dépourvu de suavité dans la couleur ; le dessin cependant est généralement bien compris; les étoffes, à petits plis anguleux minutieusement brisés, sont très étudiées, dans la manière de Mantegna. Les caractères des têtes, remplies de dignité et de vérité, ont une beauté véritable, surtout dans les anges et les enfants. Comme Fiorenzo occupe une place isolée et originale parmi les peintres de l’Ombrie, il faut admettre qu’il s’est formé hors de l’influence des peintres de ce pays, peut-être chez Squarcione, le maître de Mantegna, avec lequel il offre parfois quelque ressemblance. Ses tableaux rappellent aussi ceux des Vivarini, peintres de Venise, qui travaillèrent beaucoup pour la Marche d’Ancône1. »
A une direction analogue appartiennent les peintures (le Mariage de la Vierge, etc.) exécutées par Lorenzo de Viterbe (entre les années iq55 et 1469) dans une église de sa ville natale, l’église « délia Verità » ". Cet artiste, imitateur de Benozzo Gozzoli, a su créer des figures graves et dignes, tout en ne se servant que de portraits, et les a groupées d’une manière aussi nette que pittoresque.