FRANCESCO FRANCIA
caparaçons de cheval représentant une Forêt en feu (p. 182) et une Lucrèce, destinés au duc d’Urbin.
Les relations de Francia avec Raphaël ne semblent pas avoir eu d’action
L'Adoration de l'Enfant Jésus, par F. Francia. (Pinacothèque de Bologne.)
sur son style, dès lors complètement fixé; elles témoignent seulement de l’estime et de l’affection réciproques des deux artistes.
Francia travailla jusqu’à son dernier jour. Le Baptême du Christ, au Musée de Dresde (i5oç), fortement restauré), la Pietà, au Musée de Turin ( 1 5 1 5, également compromise par les restaurations) et divers autres tableaux le mon-
E. Müntz. — II. Italie. L’Age d’Or.. 9?
trent cherchant à adoucir encore sa manière, et accentuant cette note mélancolique qui prête tant de charmes à ses tableaux.
Vasari a rapporté au sujet de la mort de Francia une anecdote certainement apocryphe : Raphaël ayant adressé à Francia son tableau de la Sainte Cécile , avec prière d’en surveiller l’installation dans l’église San Giovanni del Monte, le vieil artiste éprouva un tel saisissement à la vue de cette page merveilleuse, que, prenant en dégoût scs propres productions, il se laissa aller au désespoir et mourut de chagrin à peu de temps de là. — C’est là, il n’en faut pas douter, une de ces légendes sans fondement, trop facilement accueillies par le brave Vasari.
Francia mourut riche et considéré, le 5 janvier 1 5 1 8 , âgé de soixantehuit ans. Il laissait d’innombrables élèves, que nous retrouverons dans la suite de ce travail : ses fils et neveux, parmi lesquels Giacomo Francia, puis Timoteo Viti, Innocenzo Francuci d’Imola, Aspertini, Chiodarolo, Bartolommeo Ramenghi da Bagnacavallo, l’illustre graveur Marc-Antonio Rairnondi, etc., etc.
Revers de la médaille de Lucrèce Borgia Par le Médailleur « à l'Amour captif ».
Saul persécutant les Chrétiens. Bordure d’une des tapisseries de Raphaël. (Palais du Vatican.)