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LES SUJETS ANTIQUES

du privilège de paraître fréquemment avec un choix abondant d’illustrations, alors que l’Italie du xvic siècle avait presque complètement renoncé à ce genre d’éditions pour les autres auteurs classiques ou modernes (voy. ci-dessus, p. 64). L’édition publiée à Venise en 1497 se distingue par des gravures élégantes, sc rapprochant parfois, comme celle du folio cvn, du Songe de Polyphile, mais d’ordinaire passablement enfantines. La gravure d’Apollon et Daphné montre où en était encore à la fin du xvp siècle l’archéologie classique, et quels travestissements on faisait subir aux Dieux.

Mais procédons avec méthode et commençons cette revue par la principale des divinités du ciel, par Jupiter', maître des hommes et des Dieux. La Renaissance mit en lumière avec un égal empressement ses exploits et ses faiblesses, la Chute des Titans (peintures de Perino et Y Enlèvement de Ganymêde (gravure de Béatrizet d’après Michel- Ange; plaquette) ou V Enlève ment d'Europe (gravure de G. Bonasone d’après une esquisse de Raphaël),

Jupiter surprenant Auiiope ou Jupiter changeant Lycaon en loup (gravure d’Agostino Veneziano d’après Raphaël; majolique publiée par Delange, pi. LXXIX)'1 2 3.

Le mythe de Léda tenta à la fois Léonard et Michel-Ange, mais ne tarda pas à expier cet excès d’honneur : on sait que les tableaux des deux maîtres furent détruits ou dénaturés par des amateurs trop pudibonds. Un tableau de Costa", une statue de Bandinelli, plusieurs médailles gravées dans le Trésor de numismatique et de glyptique (P. r, pi. XLII; P. 1, pi. I), des majoliques (Delange, pl. XXXIII) et divers monuments de petite dimension mirent également en œuvre cette composition si éminemment plastique. Quant aux fils de Léda,

1. La Renaissance ayant ignoré la mythologie grecque, tout comme l’art grec, nous maintenons aux divinités de l’Olympe leurs noms latins.

2. Bibl. : Ce dépouillement, qui exigerait la collaboration d’un archéologue avec un historien de l’art, n'a été entrepris jusqu’ici que pour Raphaël et son Ecole et pour Michel-Ange. Voy. A. Gruyer, Raphaël et l'Antiquité; 2 vol. Paris, 1864. — Pulszky, Beitrœge 4 u Raphaets Studium der Antike. Leipzig, 1877. — Raphacl, sa vie, son œuvre et son temps; 2° édit., p. 6oi-6o3. — Thode, die Antiken in den Stichen Marcanton's, Agostino Veneziano' s mut Marco Dentés. Leipzig, t 881 . — h. Wickhoff, die Antike im Bitdungsgange Micbelangelo’s. Innspruck, 1882.

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