‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 2)Chapitre 82 sur 284 · ASSISE. — GUBBIO · texte numérisé non relu

ASSISE. — GUBBIO

protection officielle. Ce fut une simple corporation, celle des changeurs, qui dota le « Cimbio » de son éblouissante parure de fresques, chef-d’œuvre du Pérugin ; ce fut une communauté assez obscure, celle des Camaldules de Pérouse, qui fit orner son couvent de San Severo de la Trinité de Raphaël; et ce fut un humble cordonnier qui chargea le Pérugin de peindre la Vierge entre saint François et saint Jérôme, aujourd’hui l’ornement de la Galerie Penna.

Aux portes de Pérouse, la fabrique de majoliques de Deruta, connue dès le xiv1' siècle, affirma sa vitalité par une série de pièces qui l’ont placée au premier rang des centres céramiques de la Renaissance.

Città délia Pieve, située un peu plus loin, s’honore d’être le berceau du Pérugin.

A Assise, bien déchue d’un passé glorieux, la pénurie des artistes égale celle des œuvres d’art :

nous n’avons à y signaler que les stalles de la basilique de Saint-François (t. I, p. 82), puis quelques peintures du Spagna , de Niccolo da Foligno et d’un enfant du pays, Tiberio d’Assisi.

Après avoir un instant rivalisé avec Urbin, grâce au beau palais édifié par Luciano Laurana, Gubbio se contenta de briller dans une branche longtemps bien dédaignée, je veux dire la céramique. Je reviendrai plus loin sur les productions sorties de l’atelier du plus célèbre peut-être des faïenciers du xm siècle, « maestro Giorgio ». Mieux valait être le premier à Gubbio que e second à Florence ou à Rome.

Tête de Sainte. Fragment d'une fresque peinte par le Pérugin. (Église Santa Maria Maddalena dei Pazz.i à Florence.)

Tour

Vitelli,

à tour gouvernée par les ces condottieri qui firent une

délégués du Pape ou tyrannisée par les fin si tragique (l’un, Paolo', fut décapité

1. On connaît une médaille de Paolo Vitello exécutée par un anonyme (Armand, t. II, P- 68).

E. Müntz. — II. Italie. L’Age d Or.

par ordre des Florentins en 1495, pour Pise; l’autre, Vitellozzo, étranglé en

Esquisse de Raphaël pour un plat ciselé par l'orfèvre G. Rosselti.

(Cabinet des Estampes de Dresde.)

.voir échoué dans une attaque contre i5o2, par ordre de César Borgia, dans le guet-apens de Sinigaglia), Città di Castello 1 a bien mérité de l’art en appelant Signorelli, qui y travailla en 1474, 1488, 1498, 1494, 1496, et qui y créa, entre autres, le Martyre de saint Sébastien ; un peu plus tard, vers 1604, elle a acquis des titres plus considérables encore à notre gratitude en confiant à Raphaël une série de peintures importantes, le Couronnement de saint Nicolas de Tolentino (qui n’est plus connu que par des esquisses), le Christ en croix, de la galerie Ward-Dudley à Londres, le Mariage de la Cierge, au musée de Brera, pour 11e point parler d’une

bannière restée en place et qui représente la Trinité et la Création d’Eve, Nous

avons déjà mentionné (t. I, P- 82) la c

Coupe en faïence de Gubbio.

(Musée du Louvre.)

et l’édification du palais Orfini, en i5ir du pays, qui ne devait d’ailleurs pas ta

onstruction du dôme, commencée en 1488, à ce qu’il semble, par le Lombard Elia di Bartolommeo.

Spello doit sa notoriété aux fresques dont Pinturicchio orna une chapelle du dôme (i5oi). Citons en outre une Pietà du Pérugin , peinte en 1 52 1 pour le même édifice. La « Collegiata di Santa Maria Maggiore », construite de 1 5 1 2 à 1 5 1 5 par l’architecte - sculpteur Rocco de Vicence, mérite aussi une mention.

A l’actif de la ville de Foligno, si vivace pendant la période précédente, nous ne trouvons guère .à enregistrer que la reconstruction du dôme, commencée vers i5oo, 1; puis quelques peintures d’un enfant rder à disparaître, Niccolô di Libera-

1 Bibl. : t. I, p. 80. — R. Vischer, Luca Signorelli. Leipzig, 1879, p. qS-qB.

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