‹ Histoire de l'art pendant la renaissance (volume 2)Chapitre 9 sur 284 · I. Renaissance in Ilalv; Italian Litcrature, t. II, p. 5io · texte numérisé non relu

I. Renaissance in Ilalv; Italian Litcrature, t. II, p. 5io

Portrait de F. Guichardin.

Fac-similé d’une gravure du xvr siècle.

n’y perdit rien, pas plus chez Pulci que chez

duisant des généalogies imaginaires, en rattachant, par exemple, comme l’ont fait Boiardo et l’Arioste, habiles courtisans, les origines de la maison d’Este au cycle carlovingien, bien plus, au cycle troyen. Les jeux futiles de l’imagination succèdent à la conviction, à l’expression de sentiments généreux. Que de grâce, d’ailleurs, dans les héros et les héroïnes de l’Arioste, quelle fantaisie exquise, quelle féerie éblouissante, résumant toutes les richesses de l 'Iliade, des Chansons de geste , des Mille et une Nuits, des vieux conteurs florentins, et que cette langue est souple, riche, musicale, à travers le dédale des digressions !

Du vivant même de l’Arioste, en 1026, la parodie de Teolilo Folengo (Merlin Coccaie), YOrlandino, porta à l’épopée héroï-comique un coup dont ce genre archifaux ne se releva pas.

Le cardinal Bembo.

D’après la médaille de B. Cellini.

Dans la poésie lyrique et dans la poésie descriptive, le contraste entre les malheurs publics et la sérénité des littérateurs, contraste déjà si accentué chez le groupe de poètes épiques dont l’Arioste est le coryphée , s’accuse encore davantage. Aussi, comme pour bien affirmer ces tendances, les cinquecentistes prirent-ils pour modèle, non pas Dante, le sombre justicier, mais l’élégant Pétrarque, dont Bembo venait de réimprimer le Can^oniere, d’après le manuscrit autographe. Ils s’inspirèrent de lui, non seulement pour les idées, mais encore pour la forme, pour la pureté du langage toscan, pour le choix des rimes, sauf à tomber du joug des anciens sous celui de l’amant de Laure : du moins ici il s’agissait d’un poète national et moderne. Le sonnet, cette forme raffinée entre toutes, refleurit comme aux plus beaux jours du trecento, aussi bien que le madrigal. Singulier anachronisme qu’une telle recrudescence de l’amour platonique dans cette société d’épicuriens! L’églogue et l’idylle relèvent de leur côté la tête, au midi avec Sannazar, qui le premier, ainsi qu’il s’en vante, « réveilla les forêts endormies et montra aux bergers l’art de chanter leurs chansons oubliées »; puis, au nord, avec Antonio Tebaldeo. Machiavel luimême composa un «chapitre pastoral ». Quelque artificielles que soient les églogues de YArcadia, imitées de celles de Virgile, quelque raffinement que Sannazar y ait ajouté en mêlant à ses vers sa prose savante, l’intention mérite d’être louée : il oppose, aux arbres savamment taillés, les arbres « alti e spaziosi » qui se dressent sur la cime des montagnes; aux oiseaux enfermés dans des cages élégantes, les oiseaux sauvages qui chantent sur les verts rameaux; aux fontaines de marbre blanc, resplendissantes d’or, les sources qui jaillissent des roches vives et coulent au milieu du gazon. — Le succès couronna la

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