LES MARCHES ET LA RO.AL\GNE
A Camerino, Jules César Varano (assassiné en i5o2 avec trois de ses fils par ordre de César Borgia) éleva un palais somptueux, qu'il fit décorer, au témoignage de Pompeo Litta, par des peintres de mérite; il fonda en outre le couvent de Sainte-Claire et l'église de l'Annonciation. Une médaille nous a conservé les traits de ce potentat. Son fils Jean-Marie, qui lui succéda et qui gouverna Camerino jusqu'en i?2~, n'a point marqué dans l'histoire des arts.
A Recanati, nous n'avons à signaler qu'une inspiration bizarre des habitants, au moment de l'entrée de Jules II, en i5im : pour fêter cet événement, ils
Le l'alais apostolique de Lorette (état actuell.
firent jouer devant le pape, aux frais des Juifs de la ville, une pièce de Plante'.
Point de bourg assurément, même dans cette région, qui ne se recommande à notre attention par quelque maison aux proportions harmonieuses, quelque porte ou quelque fontaine monumentale, quelque sépulture richement ornée et bien propre à exciter les convoitises de nos musées septentrionaux, si pauvres en monuments de ce genre. Mais nous sommes en Italie , ne l'oublions pas, dans l'Italie de la Renaissance, et nous avons le devoir de montrer de la sévérité, de nous attacher uniquement aux « fastigia rerum » .
Le fait capital dans les annales artistiques des Marches, c'est la construction et la décoration du sanctuaire de Lorette". Commencé vers le milieu du xv' siècle par l'évèque de Recanati, Niccolô dell' Aste, sur les plans de l'archi-