‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 4)Chapitre 146 sur 288 · FRANCESCO DI GIORGIO · texte numérisé non relu

FRANCESCO DI GIORGIO

les États de l'Église. Souvent déjà le nom du premier de ces maîtres est revenu sous notre plume : essayons ici de fixer en quelques traits sa biographie et sa physionomie'. Francesco était né à Sienne en 1489; comme beaucoup d'entre ses confrères florentins, il étudia simultanément l'architecture, la sculpture, la peinture et l'art militaire. Officier du génie, ingénieur hydraulicien, diplomate officieux, constructeur de ponts, peintre, sculpteur et architecte, commentateur de Vitruve, il prit part au concours pour la coupole du dôme de Milan (1490), au concours pour la façade du dôme de Florence (1490), reçut les récompenses les plus flatteuses de Ludovic le More, du duc d'Urbin, au service duquel il entra en 1477, et du duc de Calabre (i 491- 1495), inventa les mines pour l'attaque des places fortes, etc.

Peu d'artistes, même parmi les plus grands, ont joui d'une réputation égale à celle de Francesco di Giorgio Martini. Pendant que ses compatriotes veillaient jalousement sur lui, tremblant sans cesse que cette haute lumière ne vînt à leur échapper, les princes et les municipalités de l'Italie entière tentaient l'impossible pour l'attacher à leur service ou du moins pour obtenir de lui ne fut-ce qu'une consultation, un bout de croquis. Les préoccupations militaires, hâtons-nous de l'ajouter, tenaient dans ces sollicitations si flatteuses plus de place que l'esthétique : on recherchait en Francesco l'ingénieur bien plus que l'architecte, l'ingénieur qui connaissait aussi bien l'art de fortifier les villes que celui de les prendre, et qui excellait dans l'invention des engins de destruction aussi bien que dans les hautes études théoriques.

L'art des fortifications relevait essentiellement, à cette époque, de l'art de bâtir (voy. la gravure de la page 357) : j'hésite néanmoins, et pour cause, à étudier le rôle joué par Francesco comme ingénieur militaire. Aussi bien ses constructions civiles méritent-elles que l'on s'y arrête. Si Francesco n'a pas construit le palais d'Urbin (cet édifice ne lui doit que des aménagements ou des embellissements secondaires) et s'il a été absolument étranger aux constructions de Pienza, en revanche il nous a laissé dans l'église de la « Madonna del Calcinajo », près de Cortone, une œuvre du plus vif intérêt (voy. la gravure de la page 225). La première pierre de cet édifice fut posée le 6 juin 1485; telle était l'ardeur des fidèles, l'abondance des aumônes, qu'en 1490 le corps même de l'église fut terminé et qu'il ne resta plus qu'à exécuter les voûtes; la coupole elle-même fut achevée en i5i3, onze

Portrait de F. di Giorgio.

(D'après la gravure publiée

par Vasari.)

I. BiBL. : Saluzzo et Promis, Trattalo di Architeltura civile e viilitare di Francesco di Giorgio Martini. Turin, 1841. 2 vol. in-4° et i vol. de planches. — Pontanelli, di Francesco di Giorgio Martini, Sienne, 1870. In-'J'.

E. Muntz.

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