C.HIRLANDAjO
Sans aller aussi loin que MM. Crowe et Cavalcaselle, pour qui Ghirlandajo est l'anneau entre Masaccio et Raphaël (la chaîne qui relie ces deux coryphées de la peinture italienne contient bien d'autres anneaux), il faut reconnaître que le peintre de la chapelle Sassetti et du chœur de Santa Maria Novella a réalisé de grands progrès dans l'ordonnance, dans la perspective, dans l'interprétation des motifs antiques, et que, la substitution de la peinture épisodique et anecdotique à la grande peinture d'histoire une fois admise, il était impossible de tracer des scènes plus attachantes et plus vivantes : « La grandeur lui manque, il reste sur la terre ou ne vole qu'avec précaution à la surface, mais il fait des groupes et des architectures, il dispose les personnages dans des sanctuaires arrondis, il les habille d'un costume demi-florentin, demigrec, qui, allie ou oppose en contrastes heureux, en harmonies gracieuses, l'antique et le moderne : par-dessus tout cela, il est sincère et il est simple*. »
Cet artiste, véritablement éminent, ne comptait que quarante-quatre ans lorsqu'il fut attaqué d'une fièvre violente qui le conduisit en cinq jours au tombeau. Il expira le i5 janvier 1494.
Frag-ment de l'Adoration des Bergers, par D. Ghirlandajo. (Académie des Beaux-Arts de Florence.)
Les élèves de Ghirlandajo furent, outre ses frères Benedetto et David, son filsRidolfoet son beau-frère Bastiano Mainardi, de San Gemignano (f i5i3). Le Louvre possède de ce dernier une Madone avec l'Enfant Jésus et le petit saint Jean- Baptiste, d'un coloris un peu dur, avec des formes particulièrement opulentes, presque rebondies, dans les deux enfants : quelque chose comme un type intermédiaire entre celui de Botticelli et celui de Lorenzo di Credi. Francesco Granacci (1469-1543) et Jacopo l'Indaco (1476-1584?) reçurent également les leçons de Domenico, ainsi que Michel-Ange, qui ne l'imita toutefois en rien.
De Botticelli à Ghirlandajo la gradation est des plus marquées : elle l'est