‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 4)Chapitre 276 sur 288 · LA MINIATURE · texte numérisé non relu

LA MINIATURE

ont besoin d'être longuement préparées : les artistes florentins (Alesso Baldovinetti, David et Domenico Ghirlandajo, Gherardo et son frère Monte, etc.)

Fionlispice du Bréviaire de Mathias Corviii, par Altavante. (Bibliothèque du Vatican.)

employés par le Magnifique connaissaient mal la technique des incrustations; ceux de Venise étaient, au contraire, trop pénétrés des traditions byzantines. Les résultats obtenus laissèrent donc beaucoup à désirer; ici on abusa des tons

conventionnels du moyen âge', l'or, l'azur, le pourpre, alors qu'il fallait revenir à la coloration à la fois claire et chaude de l'antiquité; ailleurs on copia servile ment les fresques ou les tableaux (un mosaïste dessinant lui-même ses cartons, comme le Vénitien Francesco Zuccati, passait dès lors pour un prodige), au lieu de les traduire avec une entière indépendance, dans cette langue sonore et harmonieuse propre aux mosaïstes de Pompéi.

Comme par le passé, la peinture sur verre s'enorgueillit du concours des peintres les plus éminents. A Florence, Baldovinetti, Domenico Ghirlandajo, le Pérugin, Filippino Lippi, à Bologne, Francesco Cossa, à Venise, les Vivarini, composèrent des cartons de vitraux. Malgré la popularité dont elle jouissait à cette époque, malgré son importance, cette branche de l'art attend encore son historien. Nous essayerons, dans notre prochain volume, d'en retracer les vicissitudes, en groupant quelques œuvres particulièrement caractéristiques autour des productions d'un illustre artiste français — Guillaume de Marcillat, — dont l'initiative a assuré à la peinture sur verre italienne une longue série de triomphes.

Parmi les auxiliaires de la Renaissance, la céramiq.ue, comme nous l'avons montré dans notre précédent volume, est la dernière venue. Elle attendit longtemps avant de suivre l'essor des autres branches de l'art. Mais vers l'aube du siècle nouveau il n'y en eut aucun qui incarnât plus complètement la passion de la Renaissance pour la polychromie. On peut voir dans la récente publication de M. Agnani^ comment, des tons ternes et boueux, les céramistes de Faenza passèrent aux associations les plus soutenues et les plus brillantes (jaunes et bruns, bleus et rouges), véritables feux d'artifice. En même temps les formes gagnaient en légèreté et en élégance.

Je me bornerai, dans le présent volume, à passer en revue les principales manifestations qui ont précédé l'épanouissement de la céramique itahenne vers le début du xvf siècle.

Dans l'église San Petronio de Bologne, le pavage de la chapelle Marsili, daté de 1487 et sorti des ateliers de Faenza, s'impose à notre attention par son étendue (il comprend plus de mille carreaux) et par une exécution des plus fines. Renonçant à obtenir la symétrie si chère à leur temps, les auteurs ont traité chaque carreau comme un tout indépendant : des portraits, des animaux, des fleurs, des devises, des entrelacs, des figures géométriques, en font les frais. Seul le coloris sert à donner de l'unité : il se compose d'un trait bleu, avec

1 . Notons cependant que les mosaïques de Michel Giambono, dans la basilique de Saint- Marc de Venise (Nativité de la Vierge. Présentation de la Vierge au. temple, etc.). avec des motifs d'architecture vénitienne, un paon et divers ornements pittoresques, ont déjà une grande liberté de mouvements.

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