‹ Histoire de l'art pendant la Renaissance (volume 4)Chapitre 32 sur 288 · IM ORAS · texte numérisé non relu

IM ORAS

Scènes de l'Enéide.

Fragments d'une estampe gravée par Marc-Antoine,

d'après Raphaël.

et bien aux yeux des Italiens de l'histoire nationale; leur existence, en tant que nation, avait commencé avant la fondation de Rome et s'était prolongée sans interruption jusqu'à la Renaissance ' : de même que nous érigeons des statues à Vercingétorix, de même ils en érigèrent aux empereurs qui avaient porté si loin la gloire de l'ancienne Rome; sans oublier quelques-uns des rois du Latium ou de l'Étrurie, vaillants détenseurs de*l'autonomie régionale : c'est ainsi que la ville de Montepulciano commanda une grande figure en terre cuite, le Roi Porsetina, à l'habile statuaire Andréa Sansovino.

Les Décades de Tite-Live furent mises en coupe réglée. Les rois, les héros de la République, puis les empereurs défilèrent tour à tour dans des peintures monumentales, dans des estampes, des plaquettes, des majoliques, et jusque sur les chars du carnaval (en i5i3, Andréa del Sarto, Pontormo, et d'autres peintres florentins peignent sur ces chars Saturne et Janus comme représentants de l'Age d'or, Numa PompiHus, Titus Manlius Torquatus, Jules César, Auguste, Trajan). Les traits de patriotisme qui abondent dans l'histoire de la République romaine excitèrent, comme par le passé, la sympathie du public, quoique celui-ci semblât devoir être blasé sur ces scènes si souvent retracées à ses yeux. On vit reparaître Curtius se précipitant dans le gouff're (fresque du Sodoma à Monte Oliveto Maggiore; médaille de Talpa; quatre plaquettes; gravure de Marc-Antoine), — Clélie traversant le Tibre (Passavant, t, VI, p. 1 1 1), — Mucius Sca^vola (cinq plaquettes; gravure décrite par Passavant, t. V, p. 2i3; médaille vénitienne de i523 : Armand, t. I, p. 124; majolique : Delange, pi. XLMII, etc.), — Tarpeia accablée par les Sabins (gravure d'Agostino Veneziano), — l'augure Ancius coupant en deux une pierre (gravure de Béatrizet), — Horatius Coclès (gravure de Marc-Antoine ; autre gravure décrite par Passavant, t. VI, p. 167), — le Combat des Horaces et des Curiaces (gravure anonyme de l'École de Marc-Antoine d'après Jules Romain : Bartsch, t. X\', p. 29). Perino del Vaga a peint dans la Chambre de la Signature le Siège de Syracuse et la Mort d'Archimède.

La fin tragique de Lucrèce, cette légende si foncièrement romaine, ne perdit rien de sa popularité : elle inspira à Raphaël deux dessins répandus à l'envi grâce au burin de son fidèle interprète Marc-Antoine, Tarquin et Lucrèce et l'admu-able Mort de Lucrèce, et au Sodoma un tableau que ce maître offrit à Léon X, à Domcnico Puligo un autre tableau.

La Mort de Virginie, si elle ne reçut pas du Sanzio une consécration nouvelle, contmua du moins de figurer avec honneur sur les plaquettes en bronze et sur les gravures sur cuivre.

Léon X, quoique les souvenirs de la République ne dussent guère le séduire, fit peindre par Franciabigio, dans la villa de Poggio a Cajano, un Cicéron porté en triomphe par le peuple romain.

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