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PRATO ET PISTOJA

sance, se repose sur ses lauriers. Rappelons seulement la construction de la belle église de la « Madonna délie Carceri '\ commencée en 1485 d'après les plans de Giuliano da San Gallo (t. I, p. 71).

Pistojà, par contre, longtemps languissante, reprend un certain essor. Si ses concitoyens, le sculpteur-ornemaniste Benedetto da Rovezzano, si les peintres Gerino et Fra Paolino, à qui l'on attribue d'ordinaire le beau groupe de la

Miniature exécutée par Attavante pour le roi Mathias Corvin. (Bibliothèque royale de Bruxelles.)

Visitation, dans l'église San Giovanni Fuorcivitas (en 1488, le nombre des peintres fixés à Pistoja s'élevait à onze), sont loin de briller au premier rang, un autre artiste originaire de Pistoja, l'architecte Ventura Vitoni, met en pratique dans sa patrie, avec beaucoup de talent, les principes de son maître Bramante, notamment dans la belle église octogonale de l'Umiltà, dont le portique et le chœur datent de 1496, la partie centrale de iSoç, Comme ouvrages d'art commandés à des Florentins, nous avons à enregistrer les fameux bas-reliefs en terre cuite émaillée de l'hôpital « del Ceppo », par des artistes de l'école des délia Robbia, diverses peintures de Lorenzo di Credi, a chapelle baptismale en marbre de San Jacopo par Andréa Ferrucci.

Quant à Lucques, malgré son hostilité permanente contre Florence, elle subit entièrement son ascendant dans le domaine de l'art. Le seul artiste indigène qui y fit quelque figure fut le sculpteur Matteo Civitale, au talent aussi pur que glacial. Pour ce qui est des artistes étrangers, cette République en miniature fit appel à Baccio da Montelupo, qui y construisit entre autres l'église S. Paolino, à Filippino Lippi, à Fra Bartolommeo, au Francia, etc.

Plus loin, du côté de la mer, Pise retomba dans son inertie, comme si le long effort tenté pour les fresques de Benozzo Gozzoli l'avait épuisée. Elle avait d'ailleurs mieux à faire que de commander des statues ou des tableaux : il s'agissait pour elle de défendre sa liberté, subitement reconquise, et la longue lutte de l'infortunée cité contre Florence prouva quels trésors de vitalité elle renfermait encore. Nous n'avons à y signaler, pour la période qui nous occupe, qu'une Assomption de la Vierge par Botticelli, laissée inachevée, des peintures de Sogliani, puis de Perino del Vaga et enfin du Sodoma.

Volterra, si cruellement éprouvée par le siège et le sac de 1472, dut se borner à commander quelques peintures à Signorelli et à Balthazar Peruzzi, et des fonts baptismaux à Andréa Sansovino (i5o2).

La partie méridionale de la Toscane déploya infiniment plus d'ardeur. Les admirateurs de la Renaissance devront faire de longues stations à Arezzo, à Cortone, à Montepulciano.

Pendant la période comprise entre l'apparition de Laurent le Magnifique et la mort de Léon X, Arezzo fournit au contingent de l'École toscane un certain nombre de recrues intéressantes : les peintres Domenico Pecori, Giovanni Antonio Lappoli, le sculpteur Zacchia ou Zaccheria dit de Volterra. Elle occupa en outre quelques artistes étrangers de mérite, dom Bartolommeo délia Gatta, Luca Signorelli, qui y travailla à partir de 1472, Niccolô Soggi, Francesco l'Indaco, et surtout notre compatriote, l'éminent peintre-verrier Guillaume de Marcillat, qui y fixa sa résidence en lÔig.

San Gimignano ne croyait pas avoir assez fait en conquérant l'admirable cycle de trcsques de Benozzo Gozzoli, V Histoire de Saint Augustin; elle fit appel au talent de Benedetto da Majano pour orner la cathédrale et l'église Sant' Agostino de diverses sculptures ornementales, et au talent de Domenico Ghirlandajo pour peindre, entre autres, VHisioire de Santa Fina (1474 et années suivantes). Piero dcl PoUajuolo (1483), Pinturicchio et Fra Paolino de Pistoja vinrent à leur tour y exécuter quelques peintures'. Cette vaillante petite cité, qui maintint si ferme le drapeau de l'art, s'honore en outre d'avoir donné le jour aux peintres Bastiano Mainardi, un des collaborateurs de D. Ghirlandajo, et Vincenzo Tamagni, un des élèves de Raphaël.

1. Article de M. Baldoria dans VArcIiivio slorico dcir Arte, 1890, p. 35-68.

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