MONTEPULCIANO
MONTE SANSAVINO.
Au lieu de se disperser comme tant d'autres villes, Montepulciano concentra ses efforts sur la construction de la belle église de la Madonna di San Biagio, le chef-d'œuvre d'Antonio da San Gallo le vieux : elle eut la satisfaction d'élever dans un délai limité un monument complet et homogène, résukat difficile à obtenir même dans l'Italie de la Renaissance. San Gallo y créa en outre le palais Cervini-Argiolotto, le palais Bellarmini, le palais Nobili-Tarugi-Ilari. Un autre palais, celui du cardinal del Monte, fut commencé par Antonio da San Gallo et terminé par Baldassare Peruzzi.
Signalons encore quelques peintures commandées à Lorenzo di Credi, à Francesco Indaco, etc.
Monte Sansavino, patrie du célèbre sculpteur et architecte Andréa Contucci, surnommé Sansovino, s'enrichit d'un certain nombre de palais, élevés, croit-on, sur les dessins d'Antonio da San Gallo le vieux, de diverses peintures dues à Niccolô Soggi de Florence, à Ridolfo Ghirlandajo, également de Florence, à Battista Franco de Venise, à Bartolommeo délia Gatta d'Arezzo, ainsi que des sculptures qu'y laissa Andréa Sansovino.
Église de la Madonna del Calcinajo, près de Cortone, Par F', di Giorgio Martini.
Une mention, une simple mention, suffira pour les différentes autres cités de la Toscane : Pescia fut le berceau du flimeux graveur en pierres dures Pier Maria et d'un amateur fort éclairé, Baldassare Turini, qui acquit pour sa ville natale la Vierge au baldaquin de son ami Raphaël (aujourd'hui au palais Pitti); Montelupo celui des sculpteurs Baccio et Raffaello. Quant à Borgo San Sepolcro, cette ville avait épuisé sa vitalité avec Piero délia Francesca; elle éleva encore quelques palais, le tombeau de l'abbé Simone Grati (f i5o8), presque littéralement copié sur le tombeau de Leonardo Bruni, et donna le jour à l'architecte Alberto, qui prit part au concours pour la fiçade de San Petronio, à Bologne; mais on n'y trouve plus de note caractéristique.
E. Mûnlz. — II. Italie. L'Age d'Or. 2()
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A k fin du xv'^ et au début du xvi" siècle, Sienne, comme engourdie pendant temps, sort enfin de sa torpeur et s'associe fi-anchement au mouvement nouveau, tout en se gardant des excès qui signalèrent la Renaissance florentine. Sans renoncer à ce fond de mysticisme qui la distingua de tout temps, et sans cacher sa prédilection pour l'École ombrienne, elle se pénétra avec plus de finesse peut-être et dans tous les cas avec moins de sécheresse que les Florentins de l'esprit même de la Renaissance. Un tour plus libre, une grâce plus naturelle, une distinction plus haute, telles sont quelques-unes des qualités par lesquelles elle l'emporta sur sa rivale. Notons aussi la réputation de beauté dont jouissaient les Siennoises d'alors : en 1495, le roi Charles VIII, passant par Sienne, manifesta le désir de s'assurer par ses propres yeux si cette réputation était fondée. Cinquante dames des plus riches et des plus honnêtes, parées de leurs plus brillants atours, tinrent à honneur de se présenter devant le nouveau Paris et d'exécuter des danses qui transportèrent d'admiration le jeune monarque '.
Les noms d'architectes tels que Francesco di Giorgio Martini et Baldassare Peruzzi, de peintres tels que Giacomo Pacchiarotti (né en 1474), Girolamo del Pacchia (né en 1477), Beccafumi (né en i486), de décorateurs tels que les Barile et le Marrina (né en 1476), proclament la vitalité de cet antique foyer de l'art.
Mettant de côté l'amour-propre régional, les Siennois n'hésitaient d'ailleurs pas à appeler de près et de loin ceux qui leur paraissaient dignes de contribuer à l'embellissement de leur cité : Signorelli, qui y fit d'assez nombreuses apparitions (1498, i5o6, i5o9), le Pérugin et Pinturicchio, l'habile miniaturiste florentin Litti ou Lillifredi Corbizi, qui y travailla de 1494 à i5i5, le sculpteur Andréa Bregno, puis Michel -Ange, et enfin un peintre lombard qui, inféodé à sa nouvelle patrie, répandit en tous lieux sa gloire, Giovanni Antonio Bazzi, surnommé le Sodoma.
Le patronage de l'art pendant cette période se partage entre les autorités civiles, les corporations religieuses et un petit nombre de familles patriciennes, parmi lesquelles les Petrucci, les Piccolomini, les Spannocchi, les Chigi, ont acquis des titres éclatants à notre gratitude.
Quoique l'embellissement de Sienne se poursuivit sur une échelle infiniment moins vaste que l'embellissement de Florence, on y constate plusieurs courants véritablement dignes de sympathie. C'est tout d'abord l'esprit de suite et de vénération ininterrompue avec lequel clercs et laïques se dévouèrent à la décoration de la cathédrale; leurs efforts furent couronnés de succès : le dôme siennois est dix fois plus riche, plus complet, plus vivant que Sainte-Marie des Fleurs; quatre siècles durant les fidèles travaillèrent, non seulement avec libéralité, mais encore avec amour à le doter des œuvres d'art les plus rares,