L'EMILIE
d'api es un modèle exécuté à Rome par B. Peruzzi, à ce qu'on croit, et inspiré du projet de Raphaël pour Saint-Pierre. On attribue également à Peruzzi les plans des oratoires délia Rotonda et délia Sagra, dont Alberto commanda les dessins à Rome en i5ii et en i5i5. Entre i5i7 et i520, Peruzzi acheva l'église San Niccolô, et de i5i8 à iSio les fortifications de la ville.
Le palais de Carpi servit de siège à une Académie, dont Aide Manuce continuait à inspirer de loin les travaux. C'est dans ce palais aussi que Jacopo Berengario commença les études anatomiques qui lui valurent l'immortalité.
Nous avons également à signaler à Carpi plusieurs peintres estimables, Mario Meloni (i5o4) et Bernardo Losco (iSgS), que le Cicérone cite avec éloges, ainsi que l'habile graveur Ugo de Carpi.
A Rome, où il résida longtemps comme ambassadeur de l'empereur Maximilien, Alberto fit de son palais du Campo de' Fiori le rendez-vous des savants et des artistes. Vers la fin de sa vie, ayant perdu ses États pour avoir embrassé le parti de François F'", et dépouillé en 1527 lors du sac de Rome, ce prince généreux alla remplir en France les fonctions d'ambassadeur pontifical. Il mourut à Paris en i53i, et François I''' lui fit élever un magnifique mausolée, dont un fragment — la statue du défunt — a trouvé un asile au Louvre (gravé p. 205).
Quoique Alberto ne laissât que deux filles, les leçons de dilettantisme transcendant qu'il avait prodiguées ne furent point perdues pour les siens. Déjà son frère Leonello, comte de Medola, s'était signalé en commandant à Raphaël la Sainte Famille qui se trouve aujourd'hui au musée de Naples. D'autres parents, le « Reverendissimo di Carpi » et le cardinal de Carpi, réunirent plus tard à Rome, le premier dans son palais du Champ de Mars, le second dans son palais du Quirinal, d'admirables collections d'antiques.
Les princes de la Mirandole, marquis de la Concordia, ne brillaient point précisément par cette dernière vertu; des dissentiments profonds ne cessèrent de diviser les frères. Aussi, malgré le souvenir de leur illustre parent Pic, et malgré les leçons de goût que Gian Francesco avait pu recevoir à la cour de Ludovic le More, où il avait été élevé, cette ville ne marqua en aucune façon dans l'histoire de l'art. Elle ne fit parler d'elle que pour avoir été prise d'assaut par Jules II en 1 5 1 o- 1 5 1 1 .
A Parme, l'art sommeillait encore en attendant l'apparition du Corrège, qui y fit ses débuts en i5 [8. On n'y remarquait que quelques constructions intéressantes, dues à l'architecte Bernardino Zaccani de Torchiara, l'église San Giovanni (i5io) et la Steccata (i52i). Nous connaissons en outre l'existence de quelques sculpteurs : Luchino et Bernardino Bianchini, Antonio Francesco, Giovanni; mais aucun d'eux n'a laissé un nom. Pour la peinture, Parme, de même que Reggio et diverses autres villes voisines, rentrait dans le cercle d'action du Francia, qui y envoya différents tableaux.
Au début du xvi" siècle, Plaisance excita la jalousie de toutes ses voisines pour avoir conquis un joyau sans prix, la Madone de Saint-Sixte, de Raphaël, le tableau devant lequel le Corrège poussa l'exclamation « Anch' io sono pittore », et qui, deux cent cinquante ans durant, attira comme en pèlerinage tout ce que l'Europe comptait d'artistes et d'amateurs. Plusieurs constructions religieuses intéressantes, San Sepolcro (1488), cette même église de San Sisto (i499-i5ii) qui abrita longtemps le chef-d'œuvre de Raphaël, la Madonna délia Campagna, etc., participèrent de l'essor que l'architecture prit dans la Haute-Italie sous l'influence de Bramante.
La légitimité de la naissance comptant peu en Italie ( « ilz ne font point grant diff'érence au pays d'Italie, dit Commynes, d'ung enfant bastard à ung légitime »), et surtout à Ferrare, où trois fils naturels du marquis Nicolas se succédèrent sur le trône, les prétendants ne pouvaient pas manquer de remettre sans cesse en question le droit de succession et d'échafauder complots sur complots'. D'autre part, les convoitises soit des Vénitiens, soit des Papes, et, il faut l'ajouter, l'inébranlable attachement des princes d'Esté à la cause française (c'est un des côtés honorables de leur histoire), maintinrent sans cesse le duché en haleine et l'entraînèrent plusieurs fois au bord de l'abîme. De là une défiance extrême chez les gouvernants et des mesures de répression plus savantes à la fois et plus odieuses que partout ailleurs. De là aussi des capitulations de conscience qui révoltèrent jusqu'aux potentats les moins scrupuleux : tels que le mariage du duc Alphonse avec Lucrèce Borgia.
Hercule I" (i474-i5o5), frère naturel de Lionel et de Borso d'Esté, était bien le type de ces princes de la Première Renaissance, à la fois si cruels et si raffinés. Lors d'une conspiration, il fit couper une main ou crever un œil à deux cents et quelques coupables et livra ensuite ces malheureux estropiés à ses courtisans pour tirer d'eux une rançon. Ces actes de sauvagerie alternaient avec des accès de dévotion, de même que le courage s'alliait en lui à la pusillanimité (en 1467, dans un combat contre le duc Frédéric d'Urbin, il eut trois chevaux tués sous lui et reçut au pied une blessure qui le rendit boiteux pour la vie). Mais quel administrateur modèle et quel amateur ardent! Malgré les famines, les épidémies, les guerres qui signalèrent le début de son règne et qui l'obligèrent tantôt à pressurer ses sujets, tantôt à mettre en gage ses joyaux, il ne cessa de protéger les lettres, d'enrichir sa bibliothèque, sa galerie et son cabinet d'antiques. L'Arioste nous le montre changeant d'insalubres marais en terrains fertiles, entourant les villes de murs et de fossés, les embellissant
I. BiBL. — T. I, p. 140. — Gregorovius, Lucrèce Borgia, trad. franc. Paris, 1876; 2 vol. — Yriarte, Vlconograpljic de Lucrèce Borgia (Gaiette des Beaux-Arts, i885). — A, Vcnturi, JtH e Memorie délia R. Depntaiione di Storia patria per le provincie di ^omagna, 3' série, t. VI, 1888, p. 91-1 19. — G. Gruyer, les Livres publiés èi Ferrare avec des gravures sur bois. Paris, 1889 (extr. de la Galette des Beaux-Arts).
au moyen d'églises et de palais, de places publiques, de théâtres et de mille autres agréments (chant III, str. xxviii) :
E l'ornera di templi e di palagi, Di piazze, di teatri e di mille agi.
Sa cour était un milieu des plus suggestifs : tous ses enfants, pour ne citer qu'un exemple, devinrent d'excellents musiciens. Ses filles, Isabelle, la future marquise de Mantoue, et Béatrix, la future duchesse de Milan, alliaient à l'esprit le plus viril la plus rare élévation de vues et la plus rare sûreté de critique. Un de ses fils, le cardinal Hippolyte, premier du nom (i 479-1520), se distinguait lui aussi par une intelligence supérieure, ternie, comme chez son père, par une cruauté sans nom (il fit crever les yeux, par ses valets, à son frère naturel Jules, parce qu'une suivante de Lucrèce Borgia avait eu l'insolence de le lui préférer). Prélat magnifique, général heureux (en 1609 il anéantit à Polisella la flotte des Vénitiens), il doit l'immortalité aux chants de son poète attitré, l'Arioste.
Le goût d'Hercule n'était cependant pas aussi pénétrant, aussi sûr que celui de ses filles : à tout instant, malgré une bonne volonté extrême, il laissait percer son indécision, tantôt dans l'organisation des fêtes ^^^^^.^^^ ,vh,vcu\c d'Esté.
(voy. plus loin), tantôt dans le choix des artistes. Par un anonyme italien.
ou encore dans ses acquisitions. Par son luxe un peu
lourd, son trésor rappelait ceux du moyen âge plutôt que les merveilleuses
collections des Médicis'.
Le culte des lettres primait tout autre à la cour de Ferrare : dans nulle autre cité on ne trouvait une production mieux raisonnée, ni plus complète dans toutes les directions. Les deux Strozzi (Titus et son fils Hercule, élégants poètes néo-latins, morts tous deux vers i5o8), le comte Boiardo, l'auteur du Roland amoureux, Francesco Bello (« il Cieco »), l'auteur du poème héroïcomique // Meinhriano, puis Bembo, Antonio Tebaldeo, Gregorio Giraldi (1479-1552), Celio Calcagnini (né en 1479) et une infinité d'autres poètes, humanistes ou savants s'honoraient de l'amitié des princes d'Esté ou ornaient leur cour. Mais plus que tout autre l'Arioste travailla pour la gloire de ces Mécènes. Jamais famille princière ne recueillit, comme le proclame M. Gregorovius, une célébrité pareille à celle qu'il leur donna. Grâce au Roland furieux, il l'assit sur un monument littéraire immortel, qui durera aussi longtemps que la langue italienne.
Les productions théâtrales n'étaient pas moins en honneur à Ferrare : un des premiers. Hercule organisa des représentations magnifiques, composées
I . Inventaire de 1493-1494 publié dans la Raccolta di Cataloghi ed Inventarii inédit i, de G. Canipori, p. I et suiv.
tantôt de comédies grecques et latines, comme ks Ménechmes, V Amphitryon, la Casina, la Mostellaire, de Plante, tantôt de comédies modernes dues à des écrivains tels que Berardo, l'infortuné Pandolfo CoUenuccio, le comte Niccolô de Correggio ou le comte Boiardo, qui écrivit pour le théâtre ferrarais, dès lors la plus célèbre des scènes de l'Italie, la pièce de Timon, tirée d'un dialogue de Lucien, ou le Florentin Fier Domizio, l'auteur de la comédie latine la Conversion de saint Augustin.
Ces divertissements profanes alternaient avec les prédications sacrées : si Savonarole, ce noble visionnaire, n'avait pas tardé à quitter Ferrare, son ingrate patrie, son rival et ennemi, l'élégant prédicateur Fra Mariano de Gcnazzano, y fit fureur en 1492 et I4()4.
Considérons -nous les arts, ici encore la sollicitude officielle s'étendait à toutes les branches, depuis les créations monumentales jusqu'à la manufacture de tapisseries, — une des plus importantes de toute l'ItaUe, — jusqu'aux ateliers de majoliques, etc., etc. Qui sait si la flibrication des masques de carnaval, dont Ferrare avait alors la spécialité', ne ressortissait pas aussi à la Chancellerie ducale! Partout, en un mot, Ferrare continuait son rôle de serre chaude.
Pendant le règne d'Hercule, nous rencontrons à Ferrare comme architectes le Florentin Bartolommeo, qui commença en 1491 le campanile du dôme, G.-B. Benvenuti, surnommé l'Ortolano, le constructeur de l'église Saint-François (1495), Biagio Rossetti. Dans la sculpture, Alfonso Cittadella Lombard! (f 1537?) s'assura une place prépondérante. Pour la peinture, nous avons à enregistrer les noms de Cosimo Tura, d'Ercole de' Roberti et d'Ercole Grandi, de Lorenzo Costa, de Francesco Cossa, de Blanchi Ferrari et surtout de Benvenuto Tisi, surnommé « il Garofalo », et des Dosso (l'aîné né vers 1479). Ainsi que par le passé, les médailleurs pullulaient dans la ville; à Corradini, à Marescotti, à Lixignolo, à Amadio de Milan (7 vers 14^4), à Baldassare Estense (7 iSoo), à Sperandio, succédèrent divers anonymes, empressés à reproduire les traits de la fomille régnante, le médailleur à l'Amour captif et divers autres. Dans la gravure en pierres dures, les Anichini conquirent une notoriété de bon aloi. Enfin, la gravure au burin y faisait bonne contenance, grâce à un enfont du pays, Girolamo da Carpi (i5oi-i568), et à Giulio Campagnola, qui se rendit à Ferrare à peine âgé de dix-sept ans.
La cour de Ferrare s'était de tout temps signalée par son amour pour les fêtes. L'entrée du duc Borso à Rome (1471) et le mariage du duc Hercule avec la dévote et énergique Éléonore d'Aragon (1478) avaient ébloui les contemporains et laissé une note même dans la mémoire des générations suivantes, habituées cependant à bien des merveilles.
L'arrivée de sa bru Lucrèce Borgia fournit au vieux souverain l'occasion de
I. Adcmollo, Alessandio VI, Giulio II, Leone X ne! Carnevale di Routa, p. 70. — Monuiiienla HiingariiC histoiica, t. IV, p. H- 10.
déployer une fois de plus sa magnificence. Les fêtes dépassèrent en richesse, sinon en goût, tout ce que l'on avait vu auparavant : c'étaient d'abord la cavalcade la plus brillante, des arcs de triomphe, des tribunes chargées d'une troupe de nymphes qui entouraient leur reine montée sur un taureau roux, tandis que des satyres gambadaient à côté d'elle. Plus curieux encore étaient les divertissements ef les représentations, qui durèrent six jours : les bals, dont les reines étaient Lucrèce, la marquise Isabelle de Mantoue et la duchesse Elisabeth d'Urbin; les représentations scéniques (cinq pièces de Plante!); les concerts exécutés par la chapelle de Ferrare, qui était la meilleure de l'Italie; les exercices de jongleurs, les tournois, les ballets, qui comprenaient des danses de gladiateurs, de nègres, de bergers, de Suisses. Malgré les prodigalités du duc (il dépensa plus de 26000 ducats, 726000 francs environ de notre monnaie), les contemporains, et surtout sa fille, la marquise Isabelle, reprochèrent au programme des fêtes d'avoir été peu ingénieux, monotone et fatigant.
Nous aurions pu à la rigueur tracer le portrait de Lucrèce Borgia au moment où nous avons passé en revue la cour d'Alexandre VI; ,»,.,•„ a t .. r^,„„
r ' Médaille de Lucrèce Boigia.
mais à Rome le rôle de cette princesse était Par le médaiiieur . à l'Amour captif » singulièrement effacé et il nous a paru préférable de le présenter à nos lecteurs au moment où ses qualités d'esprit purent enfin s'affirmer.
Lucrèce était célèbre par sa beauté : un contemporain la décrit comme étant de taille moyenne et de mine élégante, avec la figure un peu allongée, le nez bien profilé, les cheveux blonds, les yeux de couleur pâle, la bouche un peu grande et les dents très blanches, la gorge mince et blanche, et pourtant belle et suffisamment opulente. Toute sa personne, ajoute-t-il, respire sans cesse la gaieté et la bonne humeur. Mais la dignité de sa vie, après son mariage avec Alphonse d'Esté, et la protection accordée aux lettres, firent infiniment plus pour sa réputation. Lucrèce honora de son amitié les poètes et les humanistes les plus célèbres, notamment le Trissin, Celio Calcagnini, l'Arioste; vis-à-vis de Bembo, si l'on en juge par le ton passionné des lettres que lui adressa ce grand « flirteur » , qui offrit son cœur à toutes les dames illustres du temps, — Catherine Cornaro, Isabelle d'Esté, Vittoria Colonna, — elle se laissa même aller à un sentiment plus tendre. Quant à l'Arioste, tout en accordant à Lucrèce une place d'honneur dans son Roland Jurieux, il lui eût pourtant offert, comme l'a fait observer M. Gregorovius, des hommages plus réitérés et plus chaleureux, si elle l'eût elle-même excité à le faire en s'intéressant à son œuvre avec un enthousiasme réel. Seul le Napolitain
E. Muntz. — II. Italie. L'Age d'Or. 35
Sannazar continua de poursuivre de ses épigrammes la fille d'Alexandre VI. Lucrèce devint d'ailleurs Ferraraise de cœur et d'âme : si elle resta en relations épistolaires avec sa mère, la fameuse Vanozza, elle semble avoir complètement perdu de vue le fils né de son mariage avec don Alphonse d'Aragon, le petit Rodriguès; cet enfont mourut en 1 5 12, à l'âge de quatorze ans, à Bari, près de sa tante Isabelle d'Aragon. Comblée d'égards par son époux, respectée de ses enfants, la duchesse de Ferrare avait bien raison d'oublier Rome et son passé
horrible.
Lucrèce témoigna-t-elle aux arts le même intérêt (un intérêt, je le crains, un peu de commande) qu'aux lettres? J'en doute. Son nouvel époux, le duc Alphonse (né en 1476, marié en premières noces, en 1491, à la princesse Anne Sforza; duc de Ferrare de i5o5 à i534), la déchargeait volontiers de ce soin, car il se piquait d'exceller en toutes sortes de secrets, et notamment dans la fonte des canons, qui tormait alors une des branches de la sculpture. Ce prince, par un phénomène d'atavisme des nlus frappants, réunissait les qualités et les défauts, je veux dire les vices, de tant de générations de souverains dominés uniquement par la raison d'État; il avait en lui un mélange d'astuce et d'emportement, de gloriole et de lésinerie, que l'on chercherait vainement chez les autres grands seigneurs de cette ère si ondoyante. Concentrant ses lumières et ses ressources sur le perfectionnement de l'artillerie, qui devait rendre ses États inexpugnables, il ne voyait dans l'art qu'un moyen de propagande politique et traitait les artistes comme il aurait traité les derniers des manœuvres : Raphaël qu'il menaça de sa colère pour ne lui avoir pas livré un tableau dans le délai fixé, et bien d'autres, éprouvèrent la violence de son despotisme ou la durée de ses rancunes. Vis-à-vis du Titien, il essaya également d'abuser de son autorité : le chargeant un jour d'aller lui dessiner une balustrade qu'il avait remarquée dans un palais, un autre jour de surveiller la cuisson des majoliques dans les officines de Murano, ou encore de passer des marchés pour toutes sortes de fournitures. Aussi l'artiste vénitien dut-il se livrer à de véritables tours de force de diplomatie pour échapper à ce rival si despotique. Il le fit, conformément à son caractère, avec autant de courtoisie que de fermeté.
Jusque dans ses libéralités, il y avait un côté pratique, prosaïque, qui les rendait odieuses. C'est ainsi qu'ayant appris la destruction de la statue de Jules II, ce chef-d'œuvre de Michel-Ange, il en acheta les fragments, non pour les conserver à titre de reliques, mais pour les convertir en une couleuvrine de dimensions gigantesques, à laquelle il donna le nom de la Giulia, en haine de son ennemi '.
Ce n'est toutefois pas un mince titre de gloire pour Alphonse que d'avoir compris la nécessité de tempérer la sécheresse des peintres ferrarais, en leur infusant parfois du sang vénitien (il appela le vieux Jean Bellin, pour peindre