Vovagc, édit. d'Ancona, p. 172. Cf. p
FLORENCE ET LES MEDICIS
D'après un autre témoignage, plus circonstancié, François Ier aurait retrouvé le secret de fondre le cristal de roche, et le fondait en forme de verres à boire et autres sortes, les travaillant dans le fourneau de la même manière que le
Don Garcia de Médicis, par Bronzino. (Musée des Offices.!
verre ordinaire. « A cette fin il avait engagé quelques maîtres de Murano fort capables. Ces vases, tant par la matière première que par l'art, étaient du plus bel et du plus charmant aspect, et d'autant plus recherchés qu'ils étaient faits par le duc seul. Il trouva en outre le moyen de faire de la porcelaine à l'imitation de celle de l'Inde, au prix de plus de dix ans d'efforts. Il n'aimait pas
moins à foire travailler les pierres précieuses et se divertissait à fabriquer de faux bijoux. Mais son plus grand plaisir était de travailler les alambics, de composer des filtres et des eaux, ou encore de préparer des feux d'artifice. » L'ambassadeur vénitien auquel nous devons ces informations ajoute que le grand-duc « n'est pas médiocre connaisseur en peinture, en sculpture, en camées travaillés, en mé-
dailles, en tous genres d'antiquités ; qu'il leur sacrifie presque tout son temps, et qu'il a un endroit appelé le Casino, où, en guise de petit arsenal, il tient dans diverses chambres différents maîtres ouvriers, et c'est là qu'il conserve ses alambics et ses artifices. Il y va le matin, y demeure jusqu'à l'heure du dîner, et après dîner, y retourne jusqu'au soir ' » .
L'épouse de François Ie1', Bianca Capello ( 1 548- 1587), se rendit plus célèbre par sa beauté et ses intrigues que par son goût pour les arts. D'après Montaigne, elle était belle à l'opinion italienne, avait un « visage agréable et impérieux, le corsage gros...»; elle devait « avoir bien de la suffisance pour avoir angeolé ce prince et l'avoir tenu à sa dévotion si longtemps » \ En i56g , François Ier fit construire et aménager pour Bianca, par Bern. Buontalenti, la villa de Pratolino, qui ne lui coûta pas moins de 782 000 écus, et qui devint aussi fameuse par le séjour qu'y firent les deux époux que par les vers du Tasse.
Le cardinal Ferdinand (1 54g- 1608), qui déposa la pourpre cardinalice pour
1. Baron Davillier, les Origines de la Porcelaine en Europe, p. 60-61.
2. Voy. aussi Galletti , Poésie di Don Francesco dei Medici aMad. Bianca Capello. Florence,
Portrait de Bianca Capello. (Musée des Offices.)
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monter, à la mort de son frère, en 1687, sur le trône de Toscane, s'est acquis, comme ses prédécesseurs, des titres imprescriptibles à la reconnaissance de la postérité. C'est à Rome toutefois, non à Florence, que se trouve sa principale fondation, la villa Médicis, avec ses inappréciables séries d'antiques, vaste dépôt où ses successeurs ne cessèrent de puiser, jusqu'à la veille de la Révolution, pour enrichir le Musée des Offices. La célèbre manufacture de mosaïques en pierres dures, dont les bases avaient été jetées par François Ier et Cosme Ier, doit à ce prince son organisation définitive; on sait combien de chefs-d'œuvre sont sortis depuis lors de cet établissement. La protection accordée à Jean Bologne ne fait pas moins d'honneur à Ferdinand ; lorsqu'il créa, en i588, la surintendance des beauxarts, il y soumit tous les artistes, sauf précisément le grand sculpteur douaisien '.
L'action des Médicis lut complétée, comme précédemment, par celle d'une loule de familles patriciennes. Le premier rang parmi elles peut être revendiqué par les Strozzi, « dont la richesse dépassait celle d'aucun particulier en Europe2 ». Le premier devoir qui s'imposait à eux était l'achèvement de leur palais. Ce fut Filippo le jeune (1488-1 538) qui prit, en 1 533, l'initiative de ce vaste travail". Les autres entreprises de ce personnage ont quelque chose de fragmentaire : il se signala en commandant son portrait au Titien (Musée de Vienne) et en acquérant le Sacrifice d'Abraham , d'Andréa del Sarto. Son fils Piero, le maréchal de France (f i558), tout en déployant le faste d'un prince, notamment dans les choses relevant de l'art militaire, trouva le loisir de former un richissime cabinet d'armes et une belle bibliothèque'1. Un autre membre de la famille,