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4. « Si ce seigneur (le maréchal de Strozzi) estoit exquis en belle bibliothèque, il l'estoit bien

La Fille de Rob. Strozzi, par le Titien. (Musée de Berlin.)

autant en armurerie et beau cabinet d'armes ;

car il e

:n avoit une grand'salle et deux chambres

2i4 HISTOIRE DE L'ART PENDANT LA RENAISSANCE.

Matteo di Lorenzo (y 1041), se signala par la protection accordée à Tribolo; il chargea en outre Bronzino de peindre à fresque une Pietà sous un tabernacle, près de la villa de San Cassiano. Quant à Roberto Strozzi (f 1 566), il cultivait l'amitié de Michel-Ange, qui lui fit cadeau des deux statues à'Esclaves, aujourd'hui au Louvre, et celle du Titien, qui peignit le portrait de sa fille.

D'autres Mécènes ou collectionneurs florentins encore se sont fait un nom : les Bartoloni, les Borgherini, Cosimo Bartoli, Vincenzo Borghini, qui réunit une belle série de dessins, notamment de Rustici; Ant. Franc, degli Albizzi, qui commanda un tableau à Sebastiano del Piombo (i525)'; Giov. Gaddi, qui occupa Andréa del Sarto et Jacopo Sansovino; Niccolô Gaddi, le fondateur d'une richissime collection, surtout de dessins, dont les débris entrèrent en 1778 au Musée des Offices; Bernardo Vecchietti enfin (i5i5-i5c)o), qui s'assura la gratitude de la postérité par la protection qu'il accorda au jeune Jean Bologne, non moins que par les belles collections d'antiquités et d'objets d'art réunies dans sa célèbre villa del Riposo.

Parmi les ordres monastiques établis à Florence, les Jésuates de San Giusto aile Mura s'étaient lait une spécialité, non seulement de la préparation des parfums, mais encore de la peinture sur verre et de la fabrication de certaines couleurs précieuses, telles que le bleu d'outre-mer2. Le peintre Fr. Granacci prenait plaisir à les défrayer de cartons. La démolition de leur couvent, pendant le siège de 1 629-1 53o, leur porta un coup mortel. Cependant, jusque dans le dernier tiers du xvie siècle, ils purent mettre en avant des artistes capables de restaurer les vitraux de la Bibliothèque Laurentienne.

Dans les grands couvents des environs de Florence et du Casentin, l'encouragement de l'art revêtit les formes les plus diverses. Au val d'Ema, les chartreux poursuivirent, mais avec une certaine mollesse, l'embellissement de leur monastère : aux peintures de Pontormo ils associèrent la ebarmante verrière, composée, affirme-t-on, par Jean d'Udine. Si à Vallombreuse les moines eurent le bon esprit de faire appel au talent d'Andréa del Sarto , à Camaldoli ils

que j'ay veu autresfois à Rome en son palais « in Burgo » ; et ses armes estoient de toutes sortes, tant à cheval que à pied, à la françoise, espagnolle, italienne, allemande, hongresque, à la bohème, bref de plusieurs autres nations chrestiennes comme aussi à la turquesque, moresque, arabesque et sauvage. Mais qui estoit le plus beau à voir, force (armes) à l'antique mode des anciens soldatz et légionnaires romains. Tout cela estoit si beau à voir qu'on ne sçavoit que plus admirer, ou les armes, ou la curiosité du personnage qui les avoit là mises. Et pour plus aorner le tout, il y avoit un cabinet à part remply de toutes sortes d'engins de guerre, de machines, d'eschelles, de pontz, de fortifrkations, d'artiffices, d'instrumens, bref de toutes invantions de guerre pour offancer et se deffendre ; et le tout faict et représenté de bois si au naïf et au vray, qu'il n'y avoit là qu'à prandre le patron sur ce naturel, et s'en servir au besoing. » (Brantôme, Œuvres complètes, édit. Lalanne, t. II, p. 24.3.) Nous avons donné ci- dessus (p. 17) le portrait du maréchal de Strozzi.

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