LES COUVENTS FLORENTINS
cédèrent trop facilement aux offres de Vasari, qui peupla leur sanctuaire de peintures particulièrement banales et vides. Monte Oliveto Maggiore enfin
Vitrail de la Chartreuse de Florence (attribué à Jean d'Udine).
compléta le merveilleux cycle de sa décoration à l'aide des marqueteries de Fra Giovanni de Vérone et de Fra Raffaello de Brescia.
Si nous nous attachons, non plus aux Mécènes, mais aux artistes, Florence a
2i6 HISTOIRE DE L'ART PENDANT LA RENAISSANCE.
toujours le nombre, sinon le mérite1. A parcourir l'ouvrage de Vasari, on se croirait aux plus beaux temps du quattrocento : architectes, sculpteurs, peintres, décorateurs, une bonne moitié des artistes du xvf siècle, dont il retrace la vie et les exploits, ont pour patrie les bords de l'Arno. Mais Elisons abstraction de la quantité pour nous attacher à la qualité : que valent les Soggi, les Sogliani, les Poggini et leurs congénères au prix d'un peintre vénitien de second ordre ! Constatons, avant de poursuivre, qu'un commerce assidu avec l'Ecole vénitienne eût seul pu sauver l'Ecole florentine. Malheureusement Venise ne fut représentée sur les bords de l'Arno que par un artiste assez médiocre, Battista Franco (i536 et années suivantes).
Chaque étape, dans les annales de l'Ecole florentine, marque un nouveau progrès des facultés critiques et un nouvel affaiblissement du sentiment ou de l'imagination. La solution des problèmes techniques ou artistiques la préoccupait par-dessus tout ; la rêverie, la fantaisie, l'abandon lui devenaient de
i. Nous donnons ici en note, comme nous l'avons fait pour la période précédente (t. II, p. 212), la liste des artistes florentins qui ont marqué pendant la dernière période de la Renaissance.
Architecture. Aux maîtres signalés antérieurement et dont plusieurs, notamment les Sangallo et Baccio d'Agnolo, appartiennent à la fois à l'Age d'Or et à la Fin de la Renaissance, font suite : Jacopo Sansovino; Giov. Ant. Dosio, l'architecte du palais Larderel; Domenico,le fils de Baccio d'Agnolo; Bernardo Tasso, l'architecte du « Mercato nuovo » ; Bernardo Buontalenti, Bart. Ammanati, l'Abbaco, Vasari, les architectes-sculpteurs Tiberio Caleagni, Giovanni Mangone, Nanni Unghero, Nanni di Baccio Bigio.
Sculpture. Outre un certain nombre d'artistes. qui sont à cheval sur l'Age d'Or et la Fin de la Renaissance (Michel-Ange, Rustici, Benedetto da Rovezzano, Torrigiani, Tribolo, Lorenzetto, les Sansovino, Cellini), l'Ecole florentine compte à cette époque une série de maîtres qui lui assurèrent, malgré une décadence relative, la suprématie sur le reste de l'Italie : Francesco da San Gallo, les deux Montelupo, Ammanati, Cosini, Pierino da Vinci, Simone Bianco, Vinc. de Rossi, les deux Leoni, Montorsoli, Mosca et Moschino, les habiles fondeurs Zanobi Lastricati, Domenico Portigiani et Zanobi Portigiani, les deux Cioli, les deux Buglioni, les deux Poggini, Martino di Bartolommeo, Taddeo Landini (-J- 1294), 1 auteur de la Fontaine des Tortues à Rome, Battista Lorenzo ou Battista del Cavalière, Domenico del Barbiere et Lorenzo Naldini, qui firent fortune en France, le Carota, sculpteur en bois habile, enfin l'hôte illustre qui fit de Florence sa seconde patrie, Jean Bologne.
Peinture. A côté des artistes de la période précédente dont la carrière se prolongea jusque vers le second tiers du XVIe siècle (Raffaellino del Garbo, Rosso, Franciabigio, Maturino, Dom. Ghirlandajo, Andréa del Sarto, l'Indaco, les deux Penni, Granacci, Perino del Vaga), l'Ecole florentine peut citer les noms de Bronzino, de Pontormo, de Salviati, de Bacchiacca, de Giuliano Bugiardini, d'Andréa Feltrini, de Nie. Soggi, de Dom. Puligo, de G. -A. Sogliani, de Zanobi Poggini, d'Al. Allori. — Rappelons en outre les noms d'un certain nombre de peintres qui ont joui chez leurs contemporains d'une célébrité relative : Solosmeo, Giovanni dell' Allissimo, le copiste des portraits de la galerie de Paul Jove, Antonio Mini, Bart. Miniati, Nannoccio délia Costa S. Giorgio et Andréa Sguazzella, qui travaillèrent tous les quatre en France; Pier Francesco Toschi, Battista Naldini, Toto del Nunziata, qui tenta la fortune en Angleterre ; Alessandro Fei del Barbiere, Jacopo del Conte, Domenico Conti.
Arts décoratifs. L'École florentine compte des orfèvres tels que Manno, Cellini, Piloto, Francesco di Girolamo dal Prato, un horloger tel que Benvenuto délia Volpaia, des graveurs au burin ou en pierres dures tels que Dom. Poggini (i.520-i590), Pietro Rozzanti et Domenico di Polo.