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L'ECOLE FLORENTINE

plus en plus étrangers. En un mot, l'artiste se montrait trop, l'homme pas assez. Ainsi s'explique comment, dessinateurs impeccables, ils comprirent si peu le rôle de la couleur et en vinrent à ce degré de sécheresse.

Malgré tant de symptômes de décadence, on hésite à affirmer que la vigueur intellectuelle des Florentins a fléchi. Ne s'est-elle pas plutôt déplacée? N'est-ce pas Florence qui créa l'opéra vers la fin du xvip siècle et qui, dans le second tiers du siècle suivant, donna le jour à Lulli ? N'est-ce pas Florence qui, sous les auspices de Galilée, devint, vers la même époque, le centre du mouvement scientifique ? Que d'épreuves ne fallut-il pas pour avoir raison d'une telle vitalité !

Voilà pour l'histoire intérieure de Florence. Au dehors, l'École florentine maintient son prestige : pendant plusieurs générations encore, cet antique foyer de la Renaissance rayonne au loin. Plus encore que par le passé l'Italie méridionale subit sa fascination : les Ombriens, qui avaient si longtemps gardé leur autonomie, ne tardent pas à abdiquer après la mort du Pérugin, tout comme les Romains après celle de Raphaël. Quant aux Napolitains, ils n'essayent même pas de se saisir et de se concentrer. Même domination en France, en Angleterre, en Espagne : Andréa del Sarto, le Rosso, Torrigiani, Cellini, Rustici, les Leoni, plantent en tous lieux l'étendard florentin1. A peine si les champions de l'Italie du Nord , les représentants des Ecoles de Parme, de Venise, de Milan, parviennent à entamer cette omnipotence. En dépit des défaillances, il semblait aux contemporains que l'astre de Florence n'avait point pâli, et c'était avec un légitime orgueil que Cellini pouvait vanter « cette très noble Ecole, que les anciens ont rendue si habile rien qu'en forçant les hommes de talent à rivaliser entre eux : ainsi, ajoutait-il, ont été exécutées la merveilleuse coupole, les très belles portes du Baptistère et tant d'autres temples et de statues, qui font à la ville comme une couronne de tant de talents 2 » .

Une rapide revue des travaux exécutés dans les environs immédiats de Florence achèvera de révéler ce que les derniers jours de la Renaissance avaient de vitalité et d'éclat encore.

Fiesole est toujours une pépinière de sculpteurs : son livre d'or s'enrichit

i . Rien qu'en Espagne, l'École florentine compte peut-être trente ou quarante représentants. Je relève au hasard les noms des sculpteurs Miguel Florentin (i5io-i52.5) et son fils Antoine Florentin, Dominique Alexandre (i5i7), Torrigiano, Moreto de Florence (1D42), J.-B. Portigiani (i55o), Leone Leoni, Pompeo Leoni et Michèle Leoni; puis des peintres Niccolô de Pise (i504), Paolo de Aregio (1006), Tomaso de Florence d 520), Romolo Cincinnato (1572), Giuseppe Sangronis (i.586), Bat. Carducho Ci 586), Lupicino (i.5q6). Cependant, en comparant le nombre des Florentins à celui des autres artistes italiens fixés en Espagne, on trouve que, tandis qu'au début du siècle les premiers formaient l'immense majorité, à la fin de la même période ils ne formaient plus qu'une minorité infime. (Frédéric, les Arts italiens en Espagne; Rome, 1825.)

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