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L'ECOLE SIENNOISE

d'être rapportée : ils se fondent sur ce que Peruzzi avait « un talent rare, principalement en matière d'architecture, et qu'on pouvait le considérer comme un grand dessinateur, unique en Italie, et un peintre tel que, si on réussissait à le fixer à Sienne, ce serait au plus grand avantage du public et des particuliers, qu'il formerait beaucoup d'autres maîtres, et donnerait de l'honneur et de la réputation à la cité parmi toutes les autres ». Le Magistrat fit droit à cette requête : dès le mois suivant, Pe-

ruzzi était attaché à son service.

A côté du Sodoma, de Pacchiarotti, de G. del Pacchia et de Beccafumi, qui rentrent, pour une partie du moins de leurs travaux, dans le cadre du présent volume, nous avons à signaler Lorenzo di Cristoforo Rustici, le Riccio, Girolamo Magagni, Bernardino Fungai, Giacomo Marco, élève de Daniel de Volterre, le peintremédailleur Pastorino, enfin le peintre-graveur Fr. Vanni.

Grâce à l'assimilation complète des principes de la Renaissance, plus d'un Siennois put faire figure au dehors, comme jadis aux beaux temps des Duccio et des Simone Martini. A Rome, un artiste et un amateur, Baldassare Peruzzi et Claudio Tolomei, le fondateur de l'Académie vitruvienne, représentèrent avec éclat les études d'architecture, tandis qu'un de leurs compatriotes, le

sculpteur Michel-Angelo Anselmi, y sculptait le tombeau du pape Adrien VI. Dans la même ville, ainsi qu'à Florence, Pastorino, qui cumulait la pratique de la peinture sur verre avec celle de l'art du médailleur, compta pour clients les souverains pontifes, les ducs de Toscane et une foule de grands personnages.

D'autres villes ont pu s'imposer pour le culte du beau des sacrifices aussi considérables que Sienne ; mais les efforts de l'antique cité de la Vierge ont quelque chose de particulièrement fécond et pénétrant. Le pavement de Beccafumi, au Dôme, et le magnifique ensemble des fresques du Sodoma, au Palais municipal et dans un si grand nombre d'églises, n'ont leur équivalent nulle part ailleurs.

Une Matrone noble de Sienne.

(D'après le recueil de Vecellio.)

La République de Lucques, qui, plus heureuse que ses voisines Florence et Sienne, maintint son autonomie jusqu'au début du xix° siècle, concentra ses efforts sur la construction du Palais communal. Cet édifice gigantesque, élevé sur les plans d'Ammanati, ne devait pas coûter moins de i3oooo écus (de 7 à 8 millions, au moins, de notre monnaie), au témoignage de Montaigne, qui visita Lucques à ce moment. Prenant exemple sur le gouvernement, une série de particuliers demandèrent à Ammanati des plans pour les palais qu'ils se proposaient d'édifier : la ville doit en partie à l'habile architecte florentin le caractère d'ampleur monumental qui la distingue. Les autres fondations nouvelles sont rares. Quand nous aurons rappelé les fresques d'Aspertini, à San Frediano, et les statues de Jean Bologne, à la cathédrale, quelques tableaux d'église du peintre Zacchia le vieux, originaire de Vezzano, dans la Lunigiana (mort après i50i), nous en aurons, ou peu s'en faut, épuisé la liste.

Sur les confins de la Toscane et de l'État pontifical, Borgo San Sepolcro donne naissance ou sert d'asile à un essaim de peintres, célèbres du moins chez leurs contemporains, sinon auprès de la postérité : Leonardo Cungi, Santo di Tito (i536-i6o3) et Durante di Romano Alberti (1 538-1 61 3), qui travaillèrent tous trois sous Pie IV à la décoration de sa villa du Vatican; G. -M. Picchi, Cristofmo Gherardi, surnommé Doceno (i5o8-i556), grand improvisateur, porté aux nues par son ami Vasari. Les habitants de Borgo savaient toutefois apprécier à l'occasion le talent des artistes étrangers : une des confréries de la ville le prouva en commandant au Rosso une Descente de Croix.

La raison d'être de l'École ombrienne avait été son attachement à un idéal religieux, dans lequel il entrait autant de ferveur que d'humilité. Au fur et à mesure que la religion s'entoura de plus de pompe mondaine, une telle École devait perdre de sa vogue. Aussi, pendant la dernière période de la Renaissance, rencontre-t-on bien encore, à Pérouse et dans les environs, des artistes habiles, voire éminents, mais isolés les uns des autres, sans la cohésion et la force que donne l'attachement à une croyance commune. Ce fut du côté des idées nouvelles que les Ombriens en général et les Pérusins en particulier cherchèrent désormais le salut. Plusieurs d'entre eux y conquirent la célébrité.

Le lecteur a pu voir dans mon précédent volume (p. 232-233) la liste des architectes , sculpteurs , peintres ou décorateurs qui illustrèrent l'antique Pérouse, à partir du second quart du xvf siècle : Galeazzo Alessi, le constructeur des palais de Gênes et de Milan, le sculpteur-orfèvre Vincenzo Danti, l'auteur de la statue de Jules III, exposée devant 'la cathédrale, puis la queue de l'École du Pérugin. A ces artistes, dont plusieurs tentèrent la fortune au dehors, firent pendant les maîtres étrangers qui traversèrent Pérouse : les sculpteurs Simone Mosca et Montorsoli, le peintre flamand Henri de Malines,

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