‹ Histoire de l'art pendant la renaissanceChapitre 112 sur 304 · CLEMENT VIL · texte numérisé non relu

CLEMENT VIL

Une autre famille de banquiers, les Chigi, comme désorientée par la brusque disparition de son chef Agostino, se reposait sur ses lauriers.

Les étrangers s'efforçaient d'éclipser les Romains dans l'embellissement de la Ville éternelle. C'est ainsi que les Fugger, les célèbres banquiers d'Augsbourg, firent exécuter par Jules Romain le tableau d'autel - - une Sainte Conversation — de leur chapelle de Santa Maria dell' Anima; ils mirent également à l'essai le pinceau de Perino del Vasra.

Par contre, l'ancienne aristocratie romaine conservait et son indifférence pour les choses de l'esprit et la rudesse qui la distingua si longtemps. Un Orsini le montra bien, en plein pontificat de Léon X : dans cette cour policée entre toutes, il ne trouva rien de mieux, pour célébrer la victoire remportée par François Lr à Marignan, que d'acheter un ilôt de maisons, de les remplir de matières explosibles et d'y mettre le feu!

Il n'y a décidément que les parvenus pour faire des Mécènes! Tandis que les Orsini et les Colonna, les Caetani et les Savelli, ne

se signalent que par leur abstention, ce sont les représentants des nouvelles couches sociales, — des banquiers principalement, — qui prennent en main les intérêts de l'art.

Quant au peuple romain, il continuait, même sous Clément VII, à se plaire aux jeux les plus grossiers. C'est ainsi qu'à certains jours de fête on suspendait un petit porc à une corde fixée au soffite des Saints Apôtres : les assistants s'efforçaient de le saisir, tandis que l'on versait sur eux des seaux d'eau '.

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