LE SAC DE ROME
aussi cruelle, les finances du Saint-Siège se relevèrent. Dès 1628 les achats de pièces d'orfèvrerie et d'ornements sacrés recommencent, pour se continuer avec une grande activité jusqu'à la fin du règne de Clément VII. C'est que les revenus que la Papauté tirait de la ville de Rome étaient insignifiants, comparés au tribut qu'elle prélevait sur la chrétienté entière.
A un autre point de vue, le sac de Rome causa des pertes irréparables : de nombreux ouvrages d'orfèvrerie furent pillés par la horde sauvage des envahisseurs, dans le trésor de la basilique de Saint-Pierre et dans ceux d'une foule d'autres églises (la croix d'or de Constantin , la rose donnée à la basilique par Martin V, la tiare de Nicolas V, la nef donnée par Eugène IV, etc., etc.).
Mais plus grave encore devait être le sacrifice consommé par les mains mêmes du souverain pontife : Benvenuto Cellini nous a raconté comment, réfugié au château Saint- Ange, Clément VII dut se résoudre à faire fondre les chefs-d'œuvre de l'orfèvrerie du xve siècle, la tiare d'Eugène IV, ciselée par Ghiberti, et tant d'autres merveilles.
Le pape Paul III. Copie d'après le Titien. (Musée de Vienne.)
Le successeur de Clément VII, le cardinal Alexandre Farnèse, appartenait à une des familles les plus anciennes de l'Italie ; sa magnificence était depuis longtemps proverbiale. Quoiqu'il comptât soixante -six ans lorsqu'il monta, en 1 53q, sur le trône pontifical, il passait pour « tout plein de colère » ; son âge avancé, affirmait-on, loin de le rendre plus calme, semblait avoir surexcité cette passion comme pour la mettre au niveau de son autorité et de son pouvoir. Il avait un esprit osé, se promettait beaucoup, pesait et considérait les injures qui lui avaient été faites, et avait l'ardent désir de foire grands tous ses
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A notre point de vue spécial, Paul III manifeste la même curiosité que