‹ Histoire de l'art pendant la renaissanceChapitre 115 sur 304 · Baschct, la Diplomatie vénitienne au XVI" siècle, p. 10S · texte numérisé non relu

Baschct, la Diplomatie vénitienne au XVI" siècle, p. 10S

E. Mûntz. — III. Italie. La Fin de la Renaissance. 3o

Léon X; il recherche tout ce qui est rare : produits naturels et objets manufacturés, quadrupèdes et oiseaux de chasse ; comble de faveurs les virtuoses de toute nature : musiciens et improvisateurs. Michel-Ange, peu porté, comme on sait, à la bienveillance, lui a rendu ce témoignage éloquent dans sa lettre du 21 décembre iSqo, : « J'ai éprouvé un très grand déplaisir et un non moindre dommage de la mort du pape. Il m'avait fait beaucoup de bien et j'en attendais encore davantage. Il a plu ainsi à Dieu : résignons-nous ! Sa mort a été belle et en pleine connaissance jusqu'à sa dernière parole. Que Dieu ait pitié de son âme * ! »

Paul III apporta certainement dans ses entreprises plus de méthode, peut-être même plus d'ardeur que Clément VU s ; mais la décadence avait marché à pas de géant depuis cette date climatérique qui s'appelle le sac de Rome ! Le faisceau si laborieusement formé par Léon X et Jules II était rompu et il n'était au pouvoir de personne de le reconstituer. Aussi, quoique la grande ombre de Michel-Ange continue à planer sur ce pontificat, quoique la présence du Titien, qui séjourna dans la Ville éternelle en 1 545-1 546, lui ait donné un regain de gloire, ces quinze années sont plutôt marquées par une masse d'efforts secondaires, des plus honorables, que par des œuvres hors ligne. Ah ! si Paul III avait fixé auprès de lui le Titien , ou Paul Véronèse ! Seuls ces maîtres de la couleur eussent pu galvaniser les débris de l'Ecole romaine et, qui sait, provoquer une nouvelle floraison. Peut-être aussi ces joyeux Vénitiens, transplantés sur un sol étranger, au milieu d'une population plus froide et plus cérémonieuse, eussent-ils rapidement perdu leur belle humeur, maintenue sans cesse en éveil par leur contact avec l'éblouissante civilisation vénitienne.

Peu de papes ont autant iait que Paul III pour l'embellissement ou la sécurité de Rome. C'est tout d'abord la construction d'une enceinte fortifiée, commençant au château Saint-Ange, fermant la cité Léonine au nord-ouest, contournant le Vatican et aboutissant au Tibre, près de la porte San Spirito. Ce travail, dirigé par Antonio da San Gallo, absorba des sommes énormes. L'établissement de la « via Paolo », près des « Banchi », dégagea l'un des quartiers les plus populeux de Rome. Si les travaux entrepris au Vatican, pour considérables

1. Pasquin a reproché à Paul III son avarice; en réalité, peu de papes ont été plus libéraux ou plus charitables que lui (Bertolotti, Speserie segrete e pubbliche ai papa Paolo III, p. 6. Modène, 1878). — Aucun souverain pontife ne se fit pourtraire aussi souvent que Paul III : Michel- Ange, le Titien, Benv. Cellini, Girolamo da Cotignola, Al. Cesati, Marcello Mantovano et une infinité d'autres maîtres furent invités à reproduire cette physionomie si caractéristique, où l'astuce se mêle à l'emportement.

2. Partout se faisait sentir le besoin d'organiser et de codifier, symptômes si fâcheux pour l'indépendance de l'art. La Congrégation des Virtuoses du Panthéon, fondée en i54.3, réunit en un même faisceau les artistes, depuis les architectes jusqu'aux batteurs d'or, les amateurs, les mathématiciens, les géomètres, etc. (Statuto délia insigne artistica Congrcgajjone de' Virtuosi al Panthéon. Rome, iSSç. — C.-L. Visconti, salla Istutiçione délia insigne artistica Cong rega^ione pontificia dei Virtuosi al Panthéon. Rome, 1869.)

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