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qu'ils fussent (la « Sala regia », la chapelle Pauline, etc.), n'ajoutèrent que peu à la physionomie de Rome monumentale , si ceux de la nouvelle basilique de Saint-Pierre n'avancèrent qu'avec lenteur, par contre la reconstruction du Capitule et l'installation, sur la place de ce nom, de la statue équestre de Marc-Aurèle (i538), puis l'établissement d'un corridor reliant le Capitule au palais de Saint-Marc, enfin l'achèvement du palais Famèse, pour ne point parler des innombrables églises, palais ou villas, élevés sous les auspices de Paul III (Santa Caterina de' Funari, les palais Caffarelli et Spada , la villa Médicis, etc., etc.), frappèrent vivement les contemporains.
En tète des architectes, aussi bien qu'en tête des sculpteurs et des peintres, brillait Michel-Ange. Ses émules s'appelaient Antonio da San Gallo, Antonio Abbaco, Vignole, Serlio, Baronino de Casale, Galeazzo Alessi; autour d'eux une infinité d'autres maîtres distingués, dont je ferai connaître les noms dans la suite de mes Arts à la Cour des Papes.
Les sculpteurs attachés au service de Paul III
Le pape Paul III. Buste colossal attribué à Michel-Ange.
avaient presque tous pour (Musée de Naples.)
patrie la Toscane : c'étaient
Lorenzetto, Bandinelli, Ammanati, Raffaele da Montelupo, Pierino da Vinci, Giovanni Antonio Dosio de San Gemignano, Nanni di Baccio Bigio, Simone Mosca, Montorsoli, les Zacchia, etc., etc. La Lombardie ne comptait que de rares représentants, parmi lesquels Guglielmo délia Porta, qui lut désigné pour sculpter le mausolée du pape. Primatice, de son côté, fit une apparition à Rome vers 1540.
La colonie de peintres fixée à Rome rappelait les plus beaux temps du pontificat de Léon X : outre Michel-Ange et le Titien, on y trouvait tour à tour ou ensemble les héritiers de Raphaël, Jean d'Udine et Perino del Vaga, son élève Luzio, un des rares Romains qui se soient signalés dans la culture des arts, et les meilleurs maîtres de l'École florentine, Salviati, Bronzino, sans
omettre le médiocre Vasari ; puis Daniel de Volterra, l'habile imitateur de Michel-Ange; Boccacino de Crémone, qui décora une des chapelles de Santa Maria Traspontina; Girolamo da Cotignola. Giulio Clovio et Vincent Raymond, originaire de Lodève, dans le Languedoc, illustraient les manuscrits de la Bibliothèque pontificale; Pastorino de Sienne peignit les vitraux du Vatican.
Les « arti minori » ne comptaient pas moins de représentants éminents. A côté de Benvenuto Cellini, qui paya d'ailleurs cher les premières marques de faveur reçues de Paul III, à côté de Leone Leoni, Alessandro Cesati, surnommé « il Greco », excellait à la fois dans la gravure en médailles et dans la gravure en pierres dures. Ce fut également comme médailleur que se signalèrent Giovanni Giacomo Bonzagni de Parme, Salvestro et Pietro Paolo Galeotto de Rome. Valerio Belli de Vicence sculpta pour le pape une croix et deux chandeliers en cristal de roche, sur lesquels il figura des scènes de la Passion. Quant à l'horloger Cherubino, il avait acquis dans sa spécialité une supériorité telle, que Cellini lui-même fut forcé de la reconnaître.
La Bibliothèque du Vatican se ressentit, elle aussi, de l'ardeur féconde de Paul III, qui se créa les titres les plus sérieux en faisant transcrire par une nuée de copistes les manuscrits les plus précieux, en commençant de nouveaux catalogues, en ramenant d'Avignon à Rome une partie de l'ancienne Bibliothèque pontificale '.
L'œuvre entreprise par Paul III, dans les dimensions monumentales qu'on a vues, fut complétée par sa famille. Jamais népotisme ne profita davantage à la cause de l'art. Si le fils de Paul III, le fameux Pier Luigi Farnese (i5o3-i547), se consacra spécialement à son duché de Parme, deux des fils de Pier Luigi, les cardinaux Alessandro (i520-i58g) et Ranuccio (i53o-i565), marquèrent leur trace en traits ineffaçables dans les annales de la Ville éternelle. Les bâtisseurs du palais Farnèse, des jardins Farnèse et de la villa de Caprarole font bonne figure même à côté des plus illustres Mécènes de la Renaissance.
Parmi les artistes fixés à Rome, le cardinal Alexandre favorisait à la fois Michel-Ange, qui dessina pour lui la fameuse corniche de son palais, Antonio da San Gallo et Vignole. Salviati, Daniel de Volterra, les Zuccheri ornèrent de peintures ses palais et villas ; Giulio Clovio enlumina ses manuscrits ; Valerio Belli et Giovanni da Castelbolognese, pour lequel il avait tant d'amitié qu'il ne traversa jamais Faenza sans loger chez lui, convertirent pour lui les cristaux de roche et autres pierres dures en sculptures élégantes.
Mais les efforts du cardinal Alexandre Farnèse ne furent pas limités aux productions de l'art contemporain : il réunit dans son palais de Rome les plus importantes des antiques découvertes à ce moment, notamment Y Hercule, la Flore, le Taureau, qui ont conservé son nom, même après être devenus, par
I. Voy. la Bibliothèque du Vatican au XVI° siècle. Paris, Leroux, 1886.