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CHAPITRE III

LE ROYAUME DE NAPLES. - LE DUCHE D URBIN. — BOLOGXE ET LA ROMAGNE. — LES DUCHÉS DE FERRARE ET DE MANTOUE.

i, à Milan, la domination étrangère n'entrava en aucune laçon l'essor de l'art, à Naples, elle se traduisit par les accidents les plus fâcheux : l'indifférence de la noblesse ', jointe au manque de goût du clergé, qui était richissime, y empêchèrent la Renaissance de porter ses fruits. Pendant toute cette période, le vent souffla plutôt du côté de la musique que du côté des arts plastiques : on sait quel talent les Napolitains y révélèrent dès lors.

Parmi les quinze ou vingt vice-rois qui gouvernèrent Naples pendant les règnes de Charles-Quint et de Philippe II, — Moncade, Pierre de Tolède et son fils le duc d'Albe, le cardinal de Granvelle, le duc d'Ossuna, etc., etc., — Pierre de Tolède (vice-roi de 1 532 à i553) a seul laissé quelque trace dans l'art. Ce « très grand homme d'estat, d'affaires, de conduicte, très sage et très

I. Vasari affirme que les gentilshommes napolitains étaient si peu amateurs de bonnes peintures, que Polydore de Caravage manqua mourir de faim chez eux ; ils estimaient plus, ajoutet— il, un cheval qu'un peintre.

advisé, gouverna Naples très sagement, et la décora de ceste belle estrade (rue) de Tollède et des beaux bastiments que l'on y void pour aujourd'hui » (Brantôme). L'enceinte de Naples fut considérablement agrandie, les rues assainies, la « Porta Capuana » ornée de marbres à l'occasion de l'entrée de Charles-Quint (i5S5). Pouzzoles, que Pierre de Tolède dota d'une rue, d'un palais, de fontaines, de bains, ne doit pas moins à ce gouvernement dur et sévère, mais réparateur.

Le fils de Pierre de Tolède, don Garcia, fit orner ses jardins de Chiaia d'une statue sculptée par Pierino da Vinci et d'une autre sculptée par Stoldo di Gino Lorenzi.

Si, parmi les d'Avalos, marquis del Vast et de Pescaire, Fernand, le

Vittoria Colonna jeune.

D'après une médaille anonyme.

Viltoria Colonna âgée.

D'après une médaille anonyme.

grand capitaine, n'a pas eu le loisir de laisser quelque œuvre monumentale, et si sa veuve Vittoria Colonna (1490- 1547) se consacra exclusivement aux exercices de piété d'une part, à la poésie de l'autre (elle ne vit en Michel- Ange que le penseur, non le poète), leur neveu Alphonse (i5o2- 1546), général habile comme son oncle, et gouverneur de Milan pour le compte de l'empereur, comprit mieux les devoirs que lui imposait sa position. Il attira à Naples le Fattore, orna son palais d'Ischia d'un Sacrifice d'Abraham, dû au pinceau d'André del Sarte, cultiva l'amitié de Michel-Ange, qui lui fit don de son carton du Noli me tangere , commanda au Titien de nombreux portraits, parmi lesquels le sien et celui de sa femme (aujourd'hui au Louvre), et chargea Leone Leoni, qu'il nomma graveur des coins de la Monnaie de Milan, de modeler sa médaille. Ce fut à lui aussi que Serlio dédia le IVe livre de son Traité d'architecture. Marie d'Aragon, la veuve d'Alphonse, se montra plus soucieuse que Vittoria Colonna d'éterniser le souvenir de son époux par une effigie monumentale : elle confia ce soin à Leone Leoni; mais celui-ci travailla longtemps sans parvenir, ce semble, à mener à fin l'ouvrage1.

Deci delà surgissait quelque amateur de "condition plus modeste : tel ce marchand florentin nommé Tommaso Cambi, grand collectionneur d'anti-

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