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PARME ET LE CORRÈGE

A Modène, peu d'artistes et peu d'œuvres de marque. Le plus brillant des fils de cette cité, Niccolô dell'Abbate, chercha fortune au loin : on sait que le château de Fontainebleau lui doit une partie de ses peintures. A côté d'Antonio Begarelli, qui, jusqu'à sa mort (i565), peupla de statues et de bas-reliefs les églises de sa ville natale, Bartolommeo Clementi ou Spani a laissé à Modène quelques sculptures : telles les statues d'Hercule et de Lepidus , au palais ducal.

Quant aux peintures exécutées à cette époque, elles ont presque toutes pour auteurs les Dossi de Ferrare, paysagistes habiles , mais peintres d'histoire des plus inégaux.

Reggio continue de tirer quelque lustre des travaux d'une dynastie de sculpteurs habiles, les Clementi ou Spani.

A Parme , l'événement capital est l'apparition du Corrège, qui y exécuta, entre i5iS et i53o, les fresques du couvent de Saint-Paul, celles de l'église Saint-Jean-1'Évangéliste et celles de la cathédrale. Le souvenir de cet enchanteur évoque celui de sa protectrice, donna Giovanna, l'abbesse du riche couvent de

Saint -Paul. Fille d'un patricien de Plaisance, cette lemme remarquable s'entendait aussi bien à brandir la crosse qu'à manier l'éventail; elle joignait les élégances et les grâces d'une reine à un absolutisme parfait. La vivacité de son esprit, a-t-on dit, et sa générosité naturelle lui Élisaient pardonner ses allures un peu cavalières et son esprit dominateur. Nature aussi impérieuse

La Fontaine de Neptune, par Jean Bologne.

qu'ardente, elle résista de longues années aux prétentions du Saint-Siège et mourut de douleur en 1024, un mois après que le pape Clément VII eut fait clore son couvent '. Le programme qu'elle imposa au Corrège, — l'illustration des hauts faits de Diane, — montre bien l'indépendance d'esprit de l'abbesse de Saint-Paul.

L'action du Corrège ne fut pas limitée à l'exécution de ces chefs-d'œuvre : son exemple suscita un essaim d'imitateurs, entre lesquels Franc. Mazzola, surnommé le Parmesan — « il Parmegianino », — devint à son tour un chef

d'Ecole.

Quelques autres artistes célèbres virent le jour à Parme : Enea Vico, à la fois habile graveur au burin et savant archéologue, Jacopo et Lodovico Marenilla, qui excellaient dans la gravure en pierres dures, les Bonzagni,

graveurs en médailles.

Le duc Octave Farnèse.

D'après les « Imagines » de Zenoi (Venise, 1569)

Plaisance doit son illustration aux Farnèse. Quoique Pier Luigi 2, le fondateur de la dynastie (né vers 140,0, créé duc de Parme et de Plaisance en i5q5, assassiné en i5q7), se soit surtout signalé par ses débauches et ses crimes, l'exemple de son père, le pape Paul III, lui imposait dans une certaine mesure l'encouragement de l'art et des artistes. Nous le voyons commander son portrait au Titien (1643) et un casque de parade à Leone Leoni; charger Salviati de composer les cartons d'une Histoire d'Alexandre le Grand, destinée à être traduite en tapisserie dans les Flandres; confier différentes peintures à Girolamo da Sermoneta, pour ne point parler des constructions qu'il fit élever dans le voisinage de Rome (voy. p. 246).

Le fils et l'héritier de Pier Luigi, Ottavio (né vers Ô20, mort en i585), eut un règne moins agité, mais aussi plus terne que son père. Il fit édifier le palais ducal de Plaisance sur les plans de Vignole, commanda des peintures à un certain Miruolo et chargea le Siennois Pastorino de graver les coins de sa monnaie ( 1 552-1 554) r\ Son mariage avec Marguerite d'Autriche, la fille naturelle de Charles-Quint et la veuve du duc Alexandre de Medicis (i538), valut

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