Vie de J. Sansovino
3. Fr. Sansovino, Venetia, città nobilissima, liv. IX, p. 261.
VENISE ET LA VENETIE
église monumentale. C'est ainsi que le médecin-philologue H. Tomaso Rangone de Ravenne lit reconstruire l'église de San Giuliano (i553) et restaurer celle de San Giminano'.
La biographie d'un des représentants les plus illustres de l'aristocratie vénitienne, Daniel Barbara (l5l3-r57o), nous initiera, mieux que toutes les analyses, aux aspirations de ces grands Mécènes du xvie siècle'2. Tout jeune encore, Barbara se trouva pris dans l'inexorable engrenage politique de sa patrie. En i5q8, il se vit obligé d'aller remplir en Angleterre les fonctions d'ambassa deur et passa deux années dans ce pays, peu attrayant à coup sûr pour un Vénitien de la Renaissance. De retour dans ses foyers, il résolut, pour échapper à la tyrannie de la vie politique, d'entrer dans les ordres.
Ayant obtenu en 1 55 1 l'investiture du pa triarcat d'Aquilée, la première dignité ecclésiastique de Venise, il ne songea plus qu'à se livrer à son goût pour l'étude. C'était un de ces grands travailleurs et en même temps une de ces organisations encyclopédiques si nombreuses à l'époque de la Renaissance : à la fois mathématicien, botaniste, historien, antiquaire, philosophe, poète et décorateur. Ses relations répondaient à la variété de ses goûts : il cultivait l'amitié de Bembo, de l'Arétin, de Navagero, du Tasse, de Palladio, de Vit-