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Cantù, Histoire des Italiens, t. VIII, p

2. J'emprunte les détails qui suivent à l'éru'dite et attachante monographie de M. Yriarte : la Vie d'un Patricien de Venise an XVIe siècle. Paris, Rothschild.

Verres vénitiens du xvi" siècle. (Ane. Collection Spitzer.)

toria, et enfin de Paul Véronèse. Dans les arts, l'architecture eut le privilège de le captiver tout particulièrement : on lui doit une traduction et un commentaire de Vitruve (ainsi qu'un traité de la pratique de la Perspective, voy. p. 145); on lui doit surtout des compositions ornementales d'une rare beauté : le dessin du plafond de la salle des Dix, au Palais Ducal, qui lui est attribué par tous les critiques de l'époque, passe pour son chef-d'œuvre.

Le frère puîné de Daniel, Marc-Antoine (iSiS-iSçS), diplomate de carrière comme lui, n'avait pas moins de goût pour les arts. Vers i566, tous

deux fondèrent à Maser, dans le voisinage d'Asolo (province de Trévise), une villa pour la construction et la décoration de laquelle ils firent appel aux trois plus extraordinaires artistes que Venise possédât alors, Palladio, Vittoria, Véronèse. Aujourd'hui encore le tympan porte, avec l'aigle à deux têtes qui rappelle le patriarcat d'Aquilée, une inscription contenant les noms des deux frères.

Aux Mécènes bâtisseurs, à la taçon des Barbaro , faisaient pendant les collectionneurs. Venise en comptait plus que n'importe quelle autre ville d'Italie. A leur tête brillait- l'Arétin (voy. p. 1 75). La liste reproduite en note donnera une idée du nombre et de la richesse des cabinets formés par ses émules1.

Quelque fastidieuses que soient ces énumérations de noms propres, en ce qui concerne Venise, une simple nomenclature en dira plus que tous les commentaires, tous les éloges. Dans l'architecture, cette cité emploie simultanément ou à tour de rôle Jac. Sansovino, San Micheli, Palladio, Giorgio Spavento, Giovanni da Ponte et Antonio Scarpagnino ou Zanfragnino, le constructeur

Le doge P. Loredano.

D'après les « Imagines » de Zenoi.

(Venise, 1569.)

1 . Antonio Pasqualino (peintures de Gentile da Fabriano, de Jean Bellin, d'Antonello de Messine, de Giorgione, du Titien, etc.); Andréa de' Ordoni (sculptures antiques et modernes, vases en pierres précieuses, médailles, nombreux tableaux); Taddeo Contarini (tableaux de maîtres vénitiens) ; Jeronimo Marcello (id.); Antonio Foscarini (antiques, cuivres de Damas, porcelaines, médailles, tableaux de Raphaël); Franc. Zio (antiques, vases en pierres dures, tableaux flamands et italiens, porcelaines, etc.); Zuanantonio Venier (tableaux de Jean Bellin, de Raphaël, de Giorgione, du Titien, tapisseries provenant du Vatican, porcelaines). Venaient ensuite les superbes séries du cardinal Grimani, le cabinet de Zuan Ram (antiques, médailles, porcelaines, Primitifs flamands et italiens, tableaux de Giorgione, du Titien, etc.), de Gabriel Vendramin (antiques, tableaux flamands et italiens, recueils de dessins); de Michiel Contarini (antiques, pierres gravées, tableaux de Mantegna et de Léonard, etc.) (Morelli, Notifie d 'opère ai Disegno). — Sur les bibliothèques, cabinets d'antiques, les collections d'instruments de musique et d'armes, de Venise, voy. en outre la Venctia de Sansovino, liv. VIII et IX.

VENISE ET LA VENÉTIE

du Pont du Rialto; dans la sculpture le même Sansovino, et son élève Jac. Colonna, Al. Vittoria, Pietro et Dominico da Salvo. La peinture est représentée, tout ensemble par les derniers successeurs des Bellini et par les fondateurs de la nouvelle Ecole : Catena, Mansueti, Lotto, les Palma, le Titien, avec son armée d'imitateurs, Paul Véronèse, et le Tintoret, qui ne sont ni moins entourés, ni moins suivis; puis par Andréa Schiavone, Giuseppe Porta, Pordenone, Paris Bordone, Savoldo de Brescia, Gir. Moretto, Alessandro Moretto, les Franco, les Bonifaeio, Pier Francesco Bissolo et tant d'autres.

Malgré une telle exubérance de talents, les Vénitiens ne cessèrent de faire appel à toutes les illustrations du dehors. Non contents d'avoir enlevé à Florence Jac. Sansovino, ils ambitionnèrent de conquérir Michel-Ange, alors fixé à Rome : ils lui dépêchèrent un envoyé avec mission de lui offrir 600 écus, sans aucune obligation de sa part, et pour le seul plaisir de posséder un si grand maître '. Ils réussirent mieux auprès d'autres artistes étrangers dont plusieurs, tels que le sculpteur Danese Cattaneo de Carrare et le peintre Giuseppe Porta, surnommé Salviati, originaire de Castelnuovo di Garfagnana, dans la même province, finirent même par se fixer au milieu d'eux. Le sculpteurarchitecte Ammanati travailla quelque temps sous la direction de Sansovino; Franc. Salviati exécuta différentes peintures pour le patriarche Grimani et fit le portrait de l'Arétin ; ce fut aussi pour diriger les préparatifs de la représentation d'une comédie composée par l'Arétin que Vasari fut appelé à Venise, où il décora en outre une partie du palais Cornaro. Taddeo Zucchero eut l'honneur de terminer les peintures d'une chapelle commencée pour le patriarche Grimani par Batt. Franco. Quant à Federico, le frère de Taddeo, s'il obtint quelques commandes du patriarche, il brigua en vain l'honneur d'être

Portrait de Daniel Barbaro, par Paul Véronèse. (Palais Pitti.)

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