I. Condivi, édit. Gori, p
employé à la décoration du palais des Doges. Refus heureux, qui fait honneur à la clairvoyance des Vénitiens !
Si, pour la gravure au burin, nous n'avons à enregistrer que deux noms, ceux d'Agostino Musi surnommé Veneziano et de Giacomo Franco, l'illustrateur des fastes et des fêtes de sa ville natale, dans la gravure sur bois les ateliers vénitiens, dirigés par les successeurs d'Aide Manuce, par les Giunta de Florence, par les Giolito de Ferrare, déploient une rare activité1.
La Dalmatie, l'Istrie et l'Esclavonie donnèrent le jour, comme par le passé, à quelques artistes et élevèrent un certain nombre de monuments2.
Sebenico est la patrie du peintre Andréa Meldola , surnommé Schiavone, des graveurs Martino Rota, qui travailla pour le duc Alphonse II d'Esté, et Natalis Bonifaeius , qui exécuta en 1 589 les planches — si médiocres — de l'ouvrage de Fontana sur le déplacement de l'obélisque du Vatican; Zara, celle de l'architecte Hieronimo, qui dirigea, en i553, à Viadana, les constructions des ducs de Mantoue. Va-
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Portrait de M. -A. Barbaro, attribué à Paul Véronèse (Musée de Vienne.)
sari cite en outre comme originaire de l'Esclavonie le peintre « Giovanni del Carso Schiavone », qui décora une galerie du palais du Belvédère à Rome.
A Trau, l'œuvre de la cathédrale commanda quatre statues d'Apôtres à Alessandra Vittoria.
A Salone-Spalatro, le cardinal Trivulce fit décorer son palais par Daniel de Volterra et par Gianmaria de Milan.
L'Ecole vénitienne étendit son action jusqu'à la Grèce. S'il n'est pas certain
1. Voy. la monographie du duc de Rivoli, les Missels imprimes à Venise de 14S1 à 1600. Paris, 1894.
2. Cf. t. II, p. 292. — Voy. aussi Eitelberger, die mittelàlkrlkhen Kunstdenbnale Dalmatiens. Vienne, 1884. — Jackson, Dalmatia, the Quame.ro and Istria. Oxford, 1887; 3 vol. in-8".
3. D'après M. WickhofT, ce portrait serait l'œuvre du Tintorct.
VENISE ET LA VÉNÉTIE
que le peintre-graveur qui signait « Domenico délie Greche depentore venetiano », fût Grec, par contre le célèbre peintre, sculpteur et architecte Domenico Theotocopuli, qui fit fortune en Espagne, avait incontestablement la Grèce pour patrie : il était né à Crète1.
Le Frioul, qui, à la fin du XVe et au commencement du xvi° siècle, avait fourni aux Ecoles vénitienne et romaine quelques-unes de leurs plus brillantes recrues (voy.
t. II, p. 2ç3), ne cessa, pendant cette nouvelle période, d'enfanter et des artistes et des monuments. San Vito est la patrie du peintre Pomponio Amalteo, l'élève et le gendre de Pordenone ; Udine, celle des peintres Giovanni Martini, Sebastiano Florigerio , Francesco Floriani, Gennesio Libérale, peut-être aussi de Girolamo Pennacchi dit de Trévise; Spilimberg doit son lustre de la fameuse Irène, l'élève du Titien. Nombreuses sont les peintures laissées dans cette région surtout par Pordenone et Pellegrino da San Daniele ; non moins nombreux les palais élevés sur les plans de Palladio. - - De Bassano, si longtemps obscure, surgissent les da Ponte, plus connus sous le nom de leur ville natale , les derniers champions de l'Ecole vénitienne.
La Justice et la Paix aux pieds de Venise.
Par Paul Véronèse.
(Salle du Collège, au Palais des Doges.)
Dans le Tyrol, la ville de Trente donne le jour au sculpteur Alessandro Vittoria, ainsi qu'au graveur Antonio. Elle offre, d'autre part, l'hospitalité au sculpteur Zacchi de Volterra, qui orna de quatre statues les jardins du cardinal Bernard Clesius ou Closs (i53q), aux peintres Girolamo Roma-
1. Martini, del pitton Domenico Teotcopulo e di un suo dipinto. Turin, 1862. — Voy. aussi les articles de M. Bikkelas dans l'EïxovoYpacpï][i,sv7) '^%:i. de 1894.
E. Mûntz. — III. Italie. La Fin de la Renaissance. 36
nino de Brescia, Pennachi de Trévise, Dossi de Ferrare, Brusasorci de Vérone. Vicence doit le meilleur de sa gloire à Andréa Palladio : une série de chefsd'œuvre, la basilique, le théâtre olympique, la « Loggia del Delegato », des palais sans nombre, y proclament jusqu'à nos jours le génie de ce grand artiste. Un autre architecte vicentin, Scamozzi (i552-i6i6), continua l'œuvre de Palladio. Parmi les peintres indigènes, Benedetto Montagna suivit les traces
de son père, Bartolommeo, tandis
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que Giovanni Buonconsiglio ou Marescalco sacrifia davantage à la manière vénitienne. De temps en temps aussi Pordenone, les Palma, Paul Véronèse faisaient une apparition ou envoyaient un tableau.
Pour Trévise même nous n'avons guère de noms éclatants ou de chefs-d'œuvre à ajouter à ceux que nous avons indiqués antérieurement (t. II, p. 2g3). Mais dans les environs de cette ville, à Maser, la libéralité éclairée des Barbaro éleva, sur les plans de Palladio, la villa qui doit plus de célébrité encore aux fresques de Paul Véronèse (voy. p. 278).
A Padoue, la dernière période de la Renaissance est marquée par les efforts de Pierre Bembo, qui s'enorgueillissait à la fois des plus illustres amitiés (Raphaël, le Titien, Cellini) et de la protection accordée à des débutants appelés à devenir célèbres à leur tour, tels que Falconetto et Leone Leoni. A diverses reprises déjà nous avons eu à nous occuper de cette physionomie si curieuse. Mais le Bembo avec lequel nous avons à compter ici, n'est plus le grand « flirteur », l'ami de Catherine Cornaro et de Lucrèce Borgia, l'élégant sonnettiste, le spirituel secrétaire de Léon X. Avec l'âge, l'ambition lui est venue; je veux dire l'ambition des dignités, des honneurs. La mort de la m'ère de ses enfants, la fameuse Morosine, a fait disparaître le seul obstacle qui s'opposait à son entrée dans le sacré collège : c'est là que tendront désormais ses efforts. En i53o, enfin, il obtient le chapeau de cardinal. Quoique sa nouvelle dignité l'appelle
Une Dame de Vicence.
D'après le recueil de Vecellio.