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PADOUE ET VÉRONE

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Médaille de Benavides.

Par Cavino.

souvent à Rome, il ne cesse de considérer Padoue comme sa seconde patrie : sa bibliothèque et son cabinet, qui y restèrent jusqu'à sa mort (i5 p), faisaient l'admiration des étrangers. Il se montrait surtout soucieux de léeuer ses traits à la postérité la plus reculée : Cellini, Alf. Lombardi, Val. Vicentino, Danese Cattaneo, Leone Lconi, les ont reproduits en marbre ou en bronze; le Titien et Vasari en peinture; San Micheli a élevé son tombeau.

A côté de Bembo, le principal Mécène padouan est le jurisconsulte Marco Mantova Benavides (1489i582); non content de réunir une précieuse et richissime collection de petits bronzes ', il encourage plusieurs artistes de marque : au graveur Enea Vico il commande son portrait ; au sculpteur Ammanati , son tombeau.

Au point de vue de la production, Padoue achève de s'absorber dans l'École vénitienne. J. Sansovino y

éleva des palais et y sculpta, en bas-relief, un des Miracles de saint Antoine; Palladio y construisit le cloître de Sainte-Justine, tandis que Paul Véronèse défrayait les églises de tableaux. Ce sont des étrangers également qui ont exécuté, l'un, le Florentin Ammanati, le Géant du palais d'Arenberg, l'autre, le Français Rie. Taurino, les stalles de Sainte-Justine. On affirme même que les plans de la cathédrale ont été composés par Michel-Ange, et qu'Andréa Délia Valle, avec son collaborateur Righetto, n'ont fait que diriger l'exécution. Aussi bien les artistes indigènes n'étaient-ils qu'en petit nombre, et pour la plupart des plus médiocres. Parmi eux le sculpteur Tiziano Aspetti se faisait remarquer par sa sécheresse et sa trivialité. Gluant au médailleur Giovanni Cavino (f 1070), il doit surtout sa notoriété à ses contrefaçons de médailles antiques.

Médaille

de Bassiano et de Cavino.

Par Cavino.

Pendant cette dernière phase encore Vérone maintient brillamment son rang. Aux artistes que nous avons précédemment énumérés (t. II, p. 295), et parmi lesquels il suffit de rappeler Michèle San Micheli,' les Bonifazio, Paul Véronèse, se joignent les peintres Paolo Farinato , Domenico del Riccio , surnommé Brusasorei, et Bernardino l'India. San Micheli, après avoir doté sa ville de tant de beaux palais, lui légua en mourant (i55q) les plans de la célèbre « Madonna di campagna », son testament artistique.

I. Courajod, l'Imitation cl ta Contrefaçon des objets d'art antiques aux XV° et AT/" siècles, p. 67. — Le même, dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de France, 1884, p. 223. — Cf. Vasan, t. VII, p. 521.

Dans la Lombardie, malgré les horreurs de la guerre, malgré la mise en coupe réglée du duché, tantôt par François Ier et tantôt par Charles-Quint, la vitalité de cette population si active et si enthousiaste ne faillit pas.

Crémone, siège d'une école autonome (t. II, p. 298), devient, vers le milieu du siècle, comme le fief des Campi, peintres brillants, mais qui s'entendaient peut-être mieux encore à l'art de la réclame. A peine s'il y a place, à

côté d'eux, pour leur compatriote Bernardino Gatti , surnommé il Soaro. Un des Campi, Giulio, fit même œuvre d'architecte : il construisit, vers 1546, pour le poète Vida, l'église Sainte-Marguerite.

Crema avait épuisé sa vitalité pendant la période précédente :

la Fin de la Renaissance n'y trouva plus aucun aliment.

A Brescia, l'École de peinture, depuis longtemps si florissante (t. II, p. 3oo), reçoit de nouvelles recrues. A Ferrante Ferramola (-{- 1 628) , à Vincenzo Civerchio de Crema , dont la carrière se prolongea jusqu'en i5qo, à Gian Girolamo Savoldo, succèdent Gir. Romanino (f i506), Aless. Bonvicino, surnommé il Moretto (f i555), Giov. Batt. Moroni (f 1678), le décorateur Lattanzio Gambara, Girolomo Muziano, Calisto de Lodi, les perspectivistes Cris-

Une Dame noble de Brescia.

D'après le recueil de Vecellio.

toforo et Stefmo. Dans le domaine de la sculpture, nous avons à signaler le riche et élégant mausolée de Martinengo (f 1826), conçu, malgré sa date, dans les données de l'époque précédente.

Dans les environs de Brescia, à Salo, naissent les sculpteurs Pietro et Domenico, qui se signalèrent à Venise comme imitateurs de Jacopo Sansovino.

Bergame donna le jour à l'architecte Giov.' Batt. Castello (j-i56()), qui éleva quelques-uns des plus beaux palais de Gênes. Elle commanda diverses peintures à G. Romanino, ainsi qu'à Moretto.

Lodi doit quelque notoriété à une dynastie de peintres, les Piazza, dont le

Le Mausolée de Martinengo. (Église San Corpo di Cristo a Brescia.)

plus marquant, Calisto, un imitateur de Romanino, a laissé de nombreuses productions dans sa ville natale, à Brescia et à Milan.

Prise par l'armée française en 1627, reprise en 1 528 par l'armée impériale, Pavie était épuisée de ressources et vide d'habitants. Il nous faut aller jusqu'en 1 564 pour trouver une construction nouvelle de quelque importance : à ce moment le cardinal Charles Borromée fit élever le collège qui porte son nom. Seuls les chartreux continuèrent de faire travailler à l'embellissement de leur sanctuaire : en 1 58 1 encore Montaigne put constater l'étendue des sacrifices qu'ils s'imposaient : « si lavoro di eontinuo eon spesa incredibile ».

Côme est toujours la pépinière d'architectes et de sculpteurs dont nous avons si souvent célébré la fécondité'. Un de ses fils, Marcello Venusti, surnommé Mantovano (7 1 5 79), se signala en outre dans la peinture : disciple de Perino del Vaga, il eut l'honneur de pourtraire le pape Paul III. Un peu plus loin, à Mili, naquit Domenico Fontana, l'architecte de Sixte-Quint.

Grande surtout est l'activité qui règne dans les environs, sur les bords des lacs. Ici, à Gravedona, le cardinal Tolomeo Galli se fait construire une villa par Pellegrino Tibaldi; ailleurs, Luini, Gaud. Ferrari, Lanini et les autres chefs de l'Ecole milanaise couvrent les parois des églises et des couvents de fresques où la piété la plus tervente s'allie à tant de grâce.

La Suisse italienne a été associée, elle aussi, aux dernières manifestations de la Renaissance. Lugano a commandé à Bern. Luini son dernier chef-d'œuvre, la Crucifixion de l'église Santa Maria degli Angeli (i52q), et Arona a envoyé les représentants d'une de ses familles de sculpteurs, les Aprile, porter au loin, en Espagne, la bonne semence2.

L'histoire de la capitale du duché, à partir du second quart du xvie siècle, nous montre ce que pouvait être la vie artistique dans une grande ville italienne sous le joug de l'étranger : refoulant au fond de leur cœur leurs tristesses patriotiques, les habitants de Milan continuèrent, lorsqu'il le fallait, à déployer le luxe qui convenait à une des cités les plus riches de l'Italie; ils élevaient en même temps des églises, des monastères, des palais, sans nombre, sur lesquels Bernardino Luini jeta toutes les caresses, toutes les séductions, de son magique pinceau.

Les derniers Sforza, les deux fils de Ludovic le More, Maximilien (mort en France en i53o) et François-Marie II (mort en i535), intervinrent à peine dans cette expansion splendide. Le premier, si nous en croyons Paul Jove, était une sorte de brute, d'une malpropreté révoltante, sans jugement aucun.

1. Bibl. : Merzario, I Maestri comacini. Storia artistica di mille ducento anni (600- 1S00). Milan, 1893.

2. Voy. le mémoire de M. Justi dans l'Annuaire des Musées de Berlin, 1892, p. 68 et suiv. — Rahn, die Casa di Ferro bei Locarno. Leipzig, 1891. — Le même : die niittelalterlichen Kunstdcnhnàler des Cantons Tessin. Zurich, 1893.

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