‹ Histoire de l'art pendant la renaissanceChapitre 140 sur 304 · QI · texte numérisé non relu

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illustre concitoyen Andréa Doria, ils s'efforcèrent de regagner le temps perdu. Jusqu'ici nous n'avons que trop souvent rencontré le condottiere de terre ferme : en la personne d'Andréa Doria (1468- i56o) nous faisons connaissance avec le condottiere de mer. Andréa se signala, d'un bout à l'autre de sa longue carrière, par un esprit de suite, une loyauté et une fidélité rares chez les soldats de fortune : il sut forcer l'estime de ses adversaires par son attachement à la branche napolitaine de la maison ___

d'Aragon, non moins que par sa longue alliance avec François Ier, qui récompensa d'éclatants services par la plus criante ingratitude. Quant à son génie militaire, il était hors de pair, tout comme ses capacités d'homme d'État, et fit de lui le premier marin de son siècle.

Pour architecte de son palais, Doria choisit un élève de Michel-Ange, Fra Giovanni Angelo da Montorsoli. L'édifice élevé par celui-ci est d'une grande sobriété, qui n'exclut toutefois pas une certaine indépendance , un certain laisser-aller. Les sculpteurs auxquels fut confiée la décoration appartenaient tous , à commencer par Montorsoli, à l'Ecole florentine. C'étaient Silvio Cosini, qui exécuta, entre autres, un buste de Charlcs-

Dame noble de Gênes.

D'après le recueil de Vecellio.

Quini ', et Giovanni da Fiesole.

Quant aux peintres, ils venaient du centre et du nord : Luzio avait pour patrie

Rome, Perino del Vaga, dont les fresques font encore l'ornement du palais,

venait de Florence, Beccafumi de Sienne, Girolamo de Trévise, Pordenone du

Frioul.

Les leçons de Perino ne furent pas perdues : grâce à lui, Gênes eut un semblant d'École; son beau-frère Luca Penni, ses élèves Lazzaro et Pantaleon Calvi, Giovanni et Luca Cambiaso, Semini, y laissèrent de nombreux travaux de décoration.

Montorsoli, de son côté, sculpta, outre la statue et le tombeau de Doria, un

1. Varni, Délie opère eseguite in Genovci da Silvio Cosini. Gènes, 1868.

Saint Jean pour la cathédrale, un riche autel pour l'église San Matteo et divers autres ouvrages. Il fut suivi de Pierino de Vinci, puis de Giovan Giacomo et de Guglielmo délia Porta, et enfin de Jean Bologne.

Bien autrement décisive fut l'action exercée par un architecte ombrien, qui fit de Gênes sa patrie d'adoption : fixé en 1 649 sur les bords de ce golfe enchanteur, Galeazzo Alessi le dota des églises et des palais qui en renouvelèrent si complètement la physionomie. La « Strada Nuova » est sa création, à l'exception de deux ou trois édifices. A partir de ce moment, les palais génois le disputèrent en magnificence à ceux de Venise. Accordons en outre un souvenir au Lombard Rocco Pennone, qui construisit les parties les plus anciennes du Palais Ducal et peutêtre aussi le célèbre escalier, ainsi qu'à son confrère G. B. Castello, de Brescia.

L'exemple de Doria piqua l'émulation de quelques-uns de ses concitoyens : Luciano Pallavicino, passant à Reggio, acheta, au poids de l'or, un tableau du Corrège; les Sauli, grands protecteurs des lettres, méritèrent bien de la cause de l'art en appelant à Gênes Alessi; Luca Giustinani chargea Palladio de lui composer un plan de palais; Luca Grimaldi commanda à Jean Bologne les statues et bas-reliefs de l'église de Castelletto (i575).

Pour finir notre exploration, il ne nous reste plus qu'à visiter, au sud de Gênes, Carrare, la patrie des marbres. De même que ses rivales de la Toscane, Fiesole, Majano et Settignano, elle enfanta un essaim de sculpteurs célèbres : les Calamech, les Danese Cattaneo, les Antonio Maffiolo, les Batt. Nelli, pour ne point parler de tant d'étrangers illustres, tels que Michel-Ange, auxquels elle offrit l'hospitalité, des mois durant, au milieu de ses carrières.

Médaille d'Andréa Doria.

Par Leone Leoni.

Frontispice du Traité d'Architecture de Serlio (Venise, i55i.)

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Entablement du mausolée de Fil. Decio (| i535), par Stagio Stagi. (Campo Santo de Pise.)

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