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LES CONSTRUCTIONS D'UTILITÉ PUBLIQUE

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plus loin, dans le chapitre consacré aux différentes écoles, la description et l'appréciation des types de palais les plus marquants.

Il est peu de constructions d'utilité publique pour lesquelles la Fin de la Renaissance ne nous ait pas laissé de modèles à la fois pratiques et élégants : hôtels des Monnaies (construction de Sansovino à Venise), halles (« Mercato nuovo », construit à Florence par Tasso, avec ses arcades amples et élevées), greniers publics (construction d'Alessi à Gênes), etc.

Les CONSTRUCTIONS PÉNI- TENTIAIRES à leur tour comptent quelques types curieux. Les Prisons de Venise , construites en 1 589 par Antonio da Ponte , à côté du Palais Ducal, offrent sur le « Rio di Palazzo » une façade en harmonie avec leur destination , tandis que , sur la « Riva degli Schiavoni » , elles pèchent par un excès d'élégance.

Quelque spéciale que fût leur affectation , plusieurs établissements hospitaliers répondirent aux exigences les plus sévères de l'art. On cite comme un modèle d'installation pratique, en même temps que de noblesse, l'hospice « San Giacomo degli Incurabili »,

à Rome, dont Peruzzi composa le plan. A Vérone, San Micheli construisit un lazaret.

Avec ces asiles de la souffrance physique alternaient les lieux consacrés au délassement : théâtres, salles de concert1. Malgré la multiplicité des modèles légués par l'antiquité, les architectes italiens cherchaient depuis longtemps un type qui répondît aux exigences modernes. C'est ainsi que Serlio, qu'aucun radotage n'effraye , examine tour à tour l'installation de la scène comique, celle de la scène tragique et de la scène satirique ! Palladio trouva enfin la formule définitive dans son théâtre olympique de Vicence (terminé en i583), où il sut concilier les préceptes de Vitruve avec les besoins de la société contemporaine. Il adopta, pour la partie circulaire, la forme elliptique, éleva une

1. Bibl. Burckhardt, Gcsch. der Renaissance, p. 224. — Bapst, Essai sur l'histoire du Théâtre; Paris, 189.3, p. 244 et suiv. — Flechsig, die Dehoration der modernen Biihuc in Italien von den Anfàngen bis \um Schluss des XVI Jahrhïmderts. Dresde, 1894.

Projet d'église composé par Serlio (liv. V).

colonnade corinthienne ornée de niches et de statues au-dessus des gradins correspondant au parterre, et donna pour fond à la scène une splendide façade à portiques, avec des dégagements dont chacun constituait une véritable avenue.

Dès le début du xve siècle, la construction d'édifices spéciaux devant servir de bibliothèques avait donné lieu à d'intéressantes tentatives. La Fin de la Renaissance compte à son actif deux nouveaux chefsd'œuvre : la Laurentienne de Florence, la bibliothèque de Saint -Marc à Venise. Le contraste entre la création de Michel -Ange et celle de Sansovino est frappant : dans la première l'extérieur est sacrifié; tout l'effort porte sur l'aménagement de la salle de lecture, qui est claire et sans prétention, avec une décoration élégante plutôt que riche; Sansovino, au contraire, s'est ingénié à prodiguer sur sa façade toutes les ressources de l'architecture et de l'ornementation; il a créé l'ensemble le plus éblouissant que l'Italie eût vu jusqu'alors. — Après de telles pages, on hésite à citer la nouvelle bibliothèque du Vatican, établie par Sixte-Quint : les formes y sont lourdes, la décoration vulgaire.

Où la Fin de la Renaissance excelle, c'est dans les grands travaux d'ÉDiLiTÉ, l'aménagement des places, des rues, des voies de communication de toutes sortes (voy. p. 3oo).

La règle, à l'avenir, c'est que les portes "donnant accès dans une ville ou dans un quartier offrent un caractère véritablement monumental. Sur ce point, princes, souverains et municipalités sont d'accord. Mais les divergences s'accusent lorsqu'il s'agit de choisir entre les différents types : les uns penchent

Porte de San Zenone à Vérone, par San Micheli.

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