ALD. PERUZZI
du Palais Vieux, à l'établissement de la tribune des Offices, du corridor qui relie ce palais au palais Pitti, puis aux plans pour les forteresses de Porto Ferrajo, de Livourne, de Grosseto, enfin à la série des palais dont il dota Florence. Ce maître sacrifie déjà au style baroque.
Le plus élégant, le plus fin, le plus indépendant des architectes qui cherchèrent fortune à Rome pendant le premier tiers du xvi" siècle, Baldassare Peruzzi (iqHi-iSSu) ', appartient par ses origines à plusieurs cités (ses parents
La Farnésine, par Peruzzi.
avaient pour patrie Florence; lui-même naquit à Volterra et fut élevé à Sienne), de même que par la chronologie de ses œuvres il se rattache tout ensemble à l'Age d'Or et à la Fin de la Renaissance. Peintre de profession, il se familiarisa par des études assidues avec les secrets de l'art de bâtir. Malheureusement une modestie ou plutôt une timidité invincibles l'empêchèrent toute sa vie de mettre en pleine lumière un talent véritablement transcendant. Fixé à Rome vers i5o3, il se signala tour à tour comme fresquiste, comme organisateur
I. Bibl. : Suys et Haudebourt, Palais Massimi à Rome. Paris, 1818, in-fol. pi. — Redtenbacher, Mittheilungen ans der Sammlung architektoniscber Hand^eiclmungen in der Galïerie dcr Uffi^ien ~u Floren^. I . Baldassare Peru^i uiul seine Werhe. Carlsruhe, i8~5. — Donati, Elogio di Baldassare Peru^i. Sienne, 187Q. — Weese, Baldassare Peruçris Anleil an dem mahrischen Schmiiclee der Villa Farnesina nébst eineni Anhange : « // taccuino di Baldassare Peru^i » in der Communal Bïbliothel; çh Sieua. Leipzig, 1894.
de fêtes, comme architecte. Dans ce dernier domaine son activité profita, non seulement à la Ville éternelle, mais encore à Sienne, à Bologne, peut-être aussi à Carpi. Nul ne connaissait mieux que lui l'art de tirer parti des matériaux les plus humbles — la brique, par exemple, — et des moyens les plus simples, pour animer et faire chanter en quelque sorte des façades dépourvues de toute ornementation.
A Rome, une des premières créations de Peruzzi, la villa d'Ag. Chigi (la Farnésine), achevée en i5ii-i5i2, n'a cessé de séduire par le mélange d'ingé-
Façade du Palais Massimi à Rome, par Peruzzi.
nuité et d'élégance, d'aisance et d'harmonie. Si la critique a pu reprocher au maître, avec un semblant de raison, d'avoir répété le même motif — des pilastres doriques — au rez-de-chaussée et au premier étage, elle a aussi été unanime à admirer l'art avec lequel il a marié les deux ailes au corps principal, la lumière, le mouvement et la vie qu'il a obtenus, rien que par l'alternance des pilastres, des fenêtres et des moulures. Les ornements de la frise — des génies, des candélabres et des festons — forment le plus heureux contraste avec la simplicité du fonds même de la villa. Vasari a caractérisé la Farnésine en disant qu'elle paraissait née, c'est-à-dire créée d'un souifle, plutôt que bâtie, et Quatremère de Quincy a qualifié d'élégance attique la pureté de ses profils.
S'il n'a pas été donné à Peruzzi, par suite de toutes sortes de difficultés, financières et autres, de marquer sa trace dans la reconstruction de la basilique