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BALD. PERUZZI

de Saint-Pierre, à laquelle il fut préposé pendant plusieurs années (de i520 à 1627, de i532 à i536), par compensation il a doté Rome d'un monument élégant et noble entre tous, le palais Massimi. L'histoire de cette construction n'est pas encore parfaitement élucidée. Il paraît certain que Peruzzi n'a dirigé que le début des travaux (l535) : de là toutes les imperfections qui déparent l'édifice. La tâche était des plus ardues : il s'agissait d'utiliser d'anciennes fon-

Le Cloître de l'Oratoire de Sainte-Catherine à Sienne, par Peruzzi.

dations et de relier deux habitations distinctes appartenant à plusieurs membres de la même famille. Peruzzi tira le parti le plus heureux d'un site ingrat, étroit et irrégulier; la disposition qu'il adopta, cette courbe d'un si grand effet, « est telle qu'on la croirait une invention libre et non pas conçue sous la dictée du besoin. » (Quatremère.) L'auteur n'a eu recours aux colonnes et aux pilastres que pour le rez-de-chaussée : dans les étages supérieurs, la disposition si ingénieuse des fenêtres et des mezzanines, leur alternance avec le bel appareil à refends, lui ont suffi pour obtenir la variété et l'animation. Quant au « cortile », il se compose de deux ordres de colonnes, séparées par des ouvertures

rectangulaires, des espèces de fenêtres mezzanines, d'un effet assez bizarre1. Les travaux exécutés à Sienne par Peruzzi sont la plupart postérieurs au sac de Rome (1627) et appartiennent à la dernière période d'une carrière féconde plutôt que longue. On lui attribue, sans certitude absolue, la petite cour, si svelte et si éthérée, de l'oratoire de Sainte-Catherine. En ce qui touche le palais Belcaro, situé en dehors de la porte Fontebranda, les dessins conservés au musée des Offices permettent de se rendre compte de ce qu'eût été cet édifice s'il avait été achevé.

A Bologne, on fait honneur à Peruzzi de la façade du palais Albergati, ou du moins du premier étage de cette façade. C'est une œuvre véritablement

monumentale , qui doit son effet aux moyens les plus simples (le fond de l'édifice ne se compose que de briques) : l'écartement et la rareté des fenêtres lui donnent un aspect de tranquillité et de noblesse qui est encore relevé par une superbe frise à bucrânes et à disques. Peruzzi a en outre — et cette fois l'attribution est certaine — fourni les plans du palais Lambertino. Il est fort probable qu'il a également composé le modèle du portail du couvent de San Michèle in Bosco.

S'il n'est pas démontré par des textes authentiques que la cathédrale et le palais ducal de Carpi (t. II, p. 422) soient l'œuvre de Peruzzi, ces édifices se rapprochent toutefois de sa manière : on admire dans la cour du palais une pureté et une chasteté de formes qui sentent encore leur xve siècle.

Peruzzi est le dernier harmoniste, à la façon de Bramante; comme celui-ci, il sait tirer des combinaisons les plus élémentaires, des refends, des moulures, des pilastres, l'intérêt, la vie et la couleur.

Portrait d'Arist. da San Gallo

(D'après la gravure publiée

par Vasari.)

Le plus marquant des élèves de Peruzzi fut Serlio : le IVe livre de son Traite d'Architecture est composé presque en entier de dessins de son maître.

La carrière du Florentin Antonio da San Gallo ou Cordiani (1 485-1546) est un exemple d'activité incessante et fébrile2. Il ne lui suffit pas d'élaborer sans relâche des projets de construction ou de décoration pour satisfaire les fantaisies de ses patrons, il inspecte, revise ou expertise au loin, comme ingénieur mili-

1 . On attribue à Peruzzi plusieurs autres palais romains, parmi lesquels la cour du palais Altemps, composée de deux rangées d'arcades, que séparent des pilastres, et d'un attique; mais l'ordonnance m'en semble déjà trop facile, et les profils trop lourds pour un tel puriste.

2. Bibl. : T. II, p. 402. — On trouvera dans le recueil de Vasari et dans la monographie de M. Ravioli des détails suffisants sur les travaux des autres membres de la famille San Gallo, Bastiano ou Aristotele (i485-i55i)> Francesco (1494-1576), Giovanni Francesco (-j- i53o).

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