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LES PROCÉDÉS DE LA SCULPTURE

modèle; s'agissait-il de compositions plus considérables, il se faisait aider dans la plus large mesure. En ce qui concerne les statuettes en bronze, il se bornait à l'exécution des modèles en cire ou en terre, ce qui lui demandait peu de temps, et confiait le reste à des aides, mis à sa disposition par le grand-duc.

L'exécution d'une sculpture en marbre passait par les mêmes pbases qu'aujourd'hui (voy. t. II, p. 449-456). On a cru à tort que Michel-Ange avait l'habitude de dégrossir le marbre aussitôt après l'achèvement d'une maquette de petites dimensions. Cellini affirme formellement que, s'il s'était d'abord contenté de ce procédé sommaire, le maître posa en principe l'exécution préliminaire d'un modèle en terre de la dimension de l'ouvrage définitif. « C'est ce que j'ai vu, déclare-t-il, de mes propres yeux à Florence. Pendant qu'il travaillait dans la sacristie de Saint - Laurent , Michel - Ange — ajoute Cellini — observait cette méthode , non seulement pour les statues, mais encore pour les ouvrages d'architecture.

Bien souvent il se rendait compte des ornements de ses fabriques au moyen de modèles qu'il faisait exactement de la grandeur que devaient avoir ses sculptures. - - Lorsque l'artiste sera satisfait de son modèle, il prendra un charbon et dessinera avec soin sa statue sous son principal aspect. Faute de cette précaution, il pourrait ensuite se trouver facilement trompé par son ciseau. Jusqu'à présent la meilleure méthode est celle qui a été trouvée par le Buonarroti ; la voici : après avoir

La Sculpture polychrome au xvi° siècle.

La Vierge avec l'Enfant, par J. Sansovino

(Musée du Louvre.)

« Statuaria ». Leur différence ne vient pas, déclare le pape, de ce que les statuaires emploient uniquement le marbre (ils travaillent également le métal, la terre, la cire, le bois et d'autres matières), mais bien de ce qu'ils ne travaillent que d'après nature : « la quale arte solo si piace de' studj délia natura ». (Missirini, Memorie per servire alla storia délia Roinana Accademia di S. Luca, p. 10.)

dessiné son modèle sous son principal aspect, on doit commencer à reproduire ce dessin avec le ciseau, en procédant de la même façon que si l'on sculptait une figure en demi-relief. C'est ainsi que ce merveilleux artiste arrivait peu à peu à dégrossir ses figures dans le marbre »'.

Mais si, de ce côté, Michel-Ange s'entourait de toutes sortes de précautions, il négligeait trop souvent la mise au point (t. II, p. 449-452, 454-456). Attaquant directement le marbre, avec la fougue qui le caractérisait, il s'exposa à plus d'une mésaventure : nous en avons pour preuve le bras droit, littéralement atrophié et estropié, de la Vierge de la chapelle des Médicis.

Quoique les partisans de la Polychromie se fissent de moins en moins nombreux (t. II, p. 462), la sculpture en marbres de couleur trouva faveur pendant un temps. L'invention, ou plutôt le perfectionnement de procédés permettant de travailler le porphyre (t. I, p. 6(3, 5og), nous a valu quelques statues taillées dans cette matière rebelle. Parfois on associait des marbres de couleurs différentes. Ainsi firent les frères Casignuola de Milan dans la statue funéraire du pape Paul IV. C'était, déclare Vasari, une innovation destinée à permettre à la sculpture de rivaliser avec la peinture. Dans la Louve allaitant Romains et Renias, au Musée du Louvre, l'animal est en rouge antique et les enfants en marbre blanc.

La terre cuite ne compte plus qu'un petit nombre de fidèles (t. II, p. q56). Rustici s'en servit pour modeler des statuettes de chevaux, ainsi qu'une Apparition du Christ à la Madeleine, qu'il fit recouvrir d'une couche d'émail par Giovanni délia Robbia ; Montorsoli recourut également à ce procédé , que ses contemporains dédaignaient en raison du peu de valeur de la matière première. Jac. Sansovino l'employa pour une statue de Madone destinée à la loge du campanile de Venise, statue qu'il fit dorer après la cuisson. Ce maître coloria en outre quelques-uns de ses hauts-reliefs, telle la Madone avec l'enfant, aujourd'hui au Musée du Louvre. Il existe également un certain nombre de terres cuites de Begarelli et d'Alf. Cittadella, entre autres la Lamentation sur le cadavre cl a Christ, à la cathédrale de Bologne.

Quant aux terres cuites émaillées, à la façon des délia Robbia, elles sont décidément reléguées dans les campagnes (t. II, p. 481-482). Il serait difficile

1. Ed. Milanesi, p. 198; trad. Leclanché, t. II, p. 388. — Le musée de South-Kensington possède une série de maquettes, en cire de couleur naturelle ou en cire rouge, sous lesquelles M. Robinson, l'éminent connaisseur, n'a pas hésité à inscrire le nom de Michel-Ange.

2. Les contemporains sont unanimes à blâmer l'emploi de pièces de rapport, tel que le pratiquait Bandinelli. Celui-ci n'avait-il pas modifié et ajouté après coup une des têtes de son Cerbère, la draperie de son Saint Pierre, ainsi qu'une des parties de son Caciisl Pietro Tacca procéda de même pour la statue en porphyre de la Justice, placée sur la colonne de la place de la Trinité; comme elle paraissait un peu grêle, il y ajouta une draperie en bronze. — Un autre sculpteur, Leone Leoni, après avoir jeté en bronze la statue de Charics-Ouint, plus grande que nature, exécuta une armure qui s'adaptait ou qui s'enlevait avec une merveilleuse simplicité.

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