‹ Histoire de l'art pendant la renaissanceChapitre 191 sur 304 · G.-F. RUST1CI · texte numérisé non relu

G.-F. RUST1CI

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rajod reconnaît toutefois que la tête chauve du Lévite rappelle indiscutablement la manière de Léonard1.

De même que celui-ci, Rustici finit ses jours en France. Engagé au service de François L'r et d'Henri II, il modela pour le premier de ces princes une statue équestre, qui ne fut toutefois pas coulée en bronze. Il mourut en i55q à Tours, dans cette même Touraine qui contenait déjà le tombeau de son maître et ami.

Un autre sculpteur florentin célèbre, Pietro Torrigiano (1472- 1522), ne

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Saint Jean-Baptiste entre le Lévite et le Pharisien, par Rustici. (Baptistère de Florence.)

semble pas avoir laissé d'ouvrages dans sa patrie. Nous le retrouverons en étudiant l'histoire de la Renaissance en Angleterre et en Espagne.

Jacopo Fatti (1 486-1 670), surnommé Sansovino, en souvenir de son maître Andréa Sansovino, a marqué au même titre comme sculpteur et comme architecte (voy. p. 849-352). Les connaisseurs n'hésitaient pas à le comparer à Michel-Ange. Tout en déclarant qu'il lui était inférieur d'une manière générale, ils le plaçaient au-dessus de lui pour l'exécution des draperies, celle des enfants, 1' « aria » des femmes, où il ne craignait aucune rivalité. « Ses dra-

1. Conjectures à propos d'il 11 buste en marbre de Ben tri. x d'Esté, p. 12. — La Statue eqi/eslre de Franccsco Sfor^a, p. 46.

peries de marbre étaient des plus fines, bien développées, avec de beaux plis, qui accentuaient les vêtements et laissaient deviner le nu ; ses enfants étaient pleins de morbidesse, de tendresse, sans le développement musculaire qui caractérise les adultes, avec des petits bras et des jambes véritablement en chair, absolument comme on les voit dans la nature. Quant à ses physionomies de femmes, elles étaient douces et belles, gracieuses au possible, comme on peut le voir dans ses Madones en marbre ou en bas-relief, dans ses Vénus, et autres figures. » (Vasari.)

Un des premiers ouvrages de Sansovino, la Déposition de croix, qu'il modela en cire pour Pierre Pérugin (Musée de South-Kensington), est une composition vivante, pittoresque, dramatique, saisissante au possible. Le jeune maître y a introduit des motiis absolument nouveaux, le cadavre d'un des larrons à moitié accroché à l'échelle appuyée contre la croix, celui de l'autre posé sur le dos de deux personnages agenouillés.

Le Saint-Jacques, exécuté pour la cathédrale de Florence (i 5 1 i-i5i3), procède directement des modèles de Donatello : même effet de draperies que dans les statues du maître à Or San Michèle et à la cathédrale ; seuls quelques accents font penser à Nanni di Banco, notamment l'expression du visage.

Plus élégant et tout ensemble plus suave est le Bacchus qui tient si brillamment sa place au Musée national de Florence entre les productions de l'ancienne et de la nouvelle École florentine (gravé p. 119).

Ce talent fait de science et d'inspiration ne pouvait que s'aviver sous le ciel de Venise, dans cette société raffinée et brillante, ignorante de la sécheresse d'esprit des Florentins. Les sculptures dont il enrichit la cité des Doges sont mouvementées, mais en même temps souples, au même degré que celles de ses anciens concitoyens sont sèches, dures et vides. Les statues qu'il sculpta vers 1540, pour la « loggietta » du campanile, se distinguent par leur exécution spirituelle, pittoresque, parfois piquante ; dans le Mars et le Neptune, de dimensions colossales, qu'il plaça au haut de l'escalier des Géants, on admire une ampleur et une fierté qui s'allient toutefois déjà à trop de facilité (gravés t. II, p. 28g).

Dans ses nombreux bas-reliefs, Sansovino sacrifie trop, à l'instar de son maître et homonyme, au culte du pittoresque : tel est le trait dominant de la porte de bronze de la basilique de Saint-Marc de Venise, avec les Miracles de saint Marc. (Les têtes en haut-relief placées sur cette porte procèdent des modèles laissés par Ghiberti sur la porte du Baptistère ; mais qu'elles sont vides et banales, en comparaison ! ) Moins fouillé encore et plus déclamatoire est le Saint Antoine ressuscitant une jeune fille noyée, bas-relief en marbre exécuté pour le « Santo » de Padoue. Ces défauts s'aggravent — est-il nécessaire de l'ajouter ? — chez les élèves de Sansovino : la Chute de Phaéton, au Musée de Berlin (n° 227), pèche par l'accumulation des figures.

Sansovino a laissé à Venise et dans les environs de nombreux autres ouvrages où son talent se manifeste sous les faces les plus variées : les statues en

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