TRIBOLO. — LORENZETTO
statues et de bas-reliefs les deux portes latérales de la façade de l'église San Petronio : sur la porte de droite il sculpta, assisté de ses compatriotes Solosmeo et Simone Cioli, de Properzia de' Rossi et d'Ercole Seccadonati, des Anges, des Sibylles et huit scènes de l'Ancien Testament (i525); sur la porte de gauche, des sujets analogues et en outre des scènes du Nouveau Testament. On vante dans ces compositions la sobriété et la pureté. L'une d'elles, ï Assomption de la Vierge, exécutée soit par Tribolo, soit sous sa direction, est plus mouvementée et même passablement déclamatoire : on n'y trouve plus d'arêtes fixes que dans quelques motifs de draperies.
A Rome, Tribolo sculpta, sous la direction et avec le concours de Michel- Ange de Sienne, le mausolée du pape- Adrien VI, dans l'église Santa Maria dell' Anima. De retour à Florence, il concourut à la décoration de la chapelle des Médicis, pour laquelle le Buonarroti le chargea de modeler les statues de la Terre pleurant la mort de Julien et du Ciel se réjouissant de posséder le jeune prince ; mais la mort de Clément VII fit suspendre le travail. Les dernières années de ce maître, qui se distingua également comme ingénieur hydraulicien, lurent consacrées à l'embellissement des villas de Cosme Ier. A Castello, il fournit la maquette de la grande fontaine, avec ses deux conques superposées, dont l'une supporte des enfants coulés en bronze, et son groupe d'Hercule et Antée (sculpté par Ammanati, après la mort de Tribolo). Il est difficile de trouver une composition aussi savamment rythmée, d'un goût aussi fin et aussi distingué.
La Nature , par Tribolo.
(Musée du Louvre.)
Lorenzo di Lodovico ou Lorenzetto, nom sous lequel il est généralement connu (14(89-1541), quitta jeune encore Florence pour s'établir à Rome, où Raphaël lui confia l'exécution du Jouas et de YÉlie destinés à la chapelle funéraire d'Agostino Chigi. On s'accorde à reconnaître l'intervention directe du Sanzio dans la première de ces statues; la seconde, d'une grande médiocrité,
E. Muntz. — III. Italie. La Fin de la Renaissance.
peut seule être revendiquée par Lorenzetto comme son œuvre personnelle. Le rythme de l'ordonnance et la grâce de certaines figures ont également fait attribuer à Raphaël l'invention de l'important bas-relief en bronze fondu pour la même chapelle : le Christ et la Samaritaine, avec son nombreux cortège d'apôtres et de simples spectateurs1. La critique s'est montrée sévère pour la plus connue des œuvres de Lorenzetto : la Madonna del Sctsso (la Vierge au Rocher), placée au Panthéon sur le tombeau de son maître. Cette figure respire cependant un certain charme, et ses draperies se distinguent par un agencement qui ne manque pas de style. Infiniment plus sèche et plus malencontreuse est la statue de Saint Pierre, placée sur le pont Saint-Ange.
Francesco da San Gallo (i 493-1 570), le fils du célèbre architecte Giuliano, est un maniériste de la pire espèce. Abstraction faite de sa statue funéraire de l'évêque Bonafede, à la Chartreuse de Florence (gravée p. 201), où il s'est attaché à des lignes calmes, à un modelé souple et plein, il a partout recherché les compositions les plus compliquées, les moins monumentales et les moins décoratives. Sa statue de Paul Jove (7 i552), dans le cloître de l'église Saint-Laurent à Florence, ne se fait remarquer que par son attitude guindée, dépourvue de toute noblesse. Non moins malencontreuse est sa statue de Pierre de Médicis, au Mont Cassin (voy. p. 869) : le jeune et présomptueux prince y est représenté assis sur son sarcophage, la poitrine protégée par une cuirasse et un lambrequin, les jambes nues croisées; deux rideaux relevés (une réminiscence des Primitifs!) encadrent la partie centrale du monument; ils sont eux-mêmes flanqués de quatre colonnes ou pilastres.
San Gallo s'est également essayé dans l'art du médailleur ; mais ses effigies manquent de finesse. Il en est de même du médaillon qu'il sculpta, en guise d'ex-voto, pour le dôme de Fiesole (gravé p. 193).
Pierino da Vinci (i520? — i554?), de la famille du grand Léonard, se- forma sous la direction de Bandinelli et de Tribolo, mais s'attacha plus spécialement à la manière de Michel-Ange2. Partout où il séjourna, à Florence et dans les environs, à Pise, à Rome, à Gênes, il laissa des œuvres faciles, mais affadies, sans profondeur, sans individualité. Ses principaux ouvrages sont : à Florence, au Musée national, la Madone entre saint Jean et sainte Elisabeth, et au palais Gherardesca, la Mort d'Ugolin, tous deux en bas-reliet; à Pise, la statue de Y Abondance; à Rome, au Vatican, Cosme de Médicis restaurant Pise, également en bas-relief; à Paris, au Louvre, une Sainte Famille (ancienne collection Campana); à Londres, au South -Kensington Muséum, une composition analogue, en bronze.
Pierino est un éclectique, s'inspirant des uns et des autres, principalement
1. Voy. l'article de M. Gnoli dans VArcbivio storico delî'Arte, 1889, p. 824 (gravure).
2. Bibl. : Perkins, Historical Handboolt of Itatian Sculpture, p. 397-398.
PIERINO DA VINCI.