SIMONE BIANCO
de Michel-Ange, dont il ne parvient toutefois qu'à s'approprier quelques éléments extrinsèques. Dans sa Sainte Famille du Musée national de Florence, tout est cherché, voulu; rien ne trahit véritablement l'émotion ou l'inspiration. Les deux vieilles femmes (sainte Anne et sainte Elisabeth), debout aux côtés de la Vierge, rappellent, mais comme des caricatures rappellent un chef-d'œuvre, les Sibylles de la chapelle Sixtine et les Parques du palais Pitti; l'Enfant Jésus semble procéder d'Andréa del Sarto; le petit saint Jean-Baptiste du Corrège, et le pied de la Vierge, mièvre, prétentieux, microscopique, du Parmesan.
Antonio Lorenzi de Settignano (f 1 583) travailla principalement sous la direction de Tribolo. A la villa de Castello, il sculpta la statue d'Esculape et les quatre Entants de la grande fontaine; à Pise, le mausolée du philosophe Corte, au Campo Santo.
Stoldo Lorenzi, le frère d'Antonio (i53z|.-i583), s'est également lait connaître par les ouvrages exécutés à Pise et plus encore par ses statues d'Adam et d'Eve, destinées à la façade de l'église San Celso à Milan.
Un troisième membre de la même lamille, Battista Lorenzo, surnommé « del Cavalière », parce qu'il était élève du chevalier Baccio Bandinelli (i527~ 1594), doit sa notoriété à la statue de la Peinture
destinée au mausolée de Michel-Ange.
Portrait de Lorenzetto.
(D'après la gravure publiée
par Vasari.)
Simone Bianco (Leukos) semble avoir passé la majeure partie de sa vie à Venise, où il exécuta, entre autres, une statue de Mars nu, un pied en marbre et différents pastiches de l'antique. Dès le XVIe siècle, quelques-uns de ceux-ci prirent le chemin de la France, où se trouvent aujourd'hui encore les seuls ouvrages authentiques de ce maître. Le Musée du Louvre possède de lui deux bustes imités de l'antique; le palais de Compiègne, un autre; un quatrième buste, provenant de la Hongrie, a été mis en vente à Paris en 1880. Dans la notice qu'il a consacrée à Simone Bianco, M. Courajod1 le qualifie de froid imitateur de la statuaire antique, « ayant conservé, au moment où l'Ecole allait en s' affadissant, une partie de la rudesse, de la naïveté et de l'âpreté du xve siècle; ses bustes, qu'il signait d'ordinaire en toutes lettres de son nom traduit du grec, sont assez défectueux et d'une exécution brutale ».
Un autre enfant de Florence, le sculpteur-graveur Domenico del Barbiere ou Dominique Florentin, fit fortune en France. Nous le retrouverons dans un de
1. Bulletin de la Société des Antiquaires de France, 1884, p. 246-247.
nos prochains volumes, en compagnie de son compatriote le mystérieux Ponzio.
Vincenzo Danti de Pérouse (i53o-i57Ô) a partagé son existence, qui a été relativement courte, entre sa ville natale et Florence, créant ici le groupe en bronze de la Décollation de saint Jean-Baptiste, qui a pris place au-dessus d'une des portes du Baptistère, là sa statue assise, également en bronze, du pape
La Décollation de Saint Jean-Baptiste, par Vincenzo Danti. (Baptistère de Florence.)
Jules III. Ces deux pages, quoique maniérées, révèlent du talent : dans la première, Danti s'est rapproché d'Andréa Sansovino, dont il avait achevé le Baptême du Christ, exposé lui aussi au-dessus d'une des portes du Baptistère : il y a uni l'élégance à la fierté ; dans la seconde, qui n'est pas exempte de défauts (je ne signalerai que ses draperies trop fouillées), il a rendu la bonhomie plutôt que la majesté. Dans son grand bas-relief en bronze du Musée national de Florence, l'Adoration dit Serpent d'airain, il s'est souvenu des leçons de Michel-Ange.
Mieux partagée que la statuaire, la sculpture ornementale florentine fait merveille; jusque vers le milieu du siècle, les Mosca, les Stagio Stagi et beau-