‹ Histoire de l'art pendant la renaissanceChapitre 222 sur 304 · SALVIATI. - - VASARI · texte numérisé non relu

SALVIATI. - - VASARI

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Francesco de' Rossi de Florence (l5lO-l563), surnommé Salviati, en souvenir de son protecteur le cardinal du même nom, possédait a merveille le don qui éblouissait le plus cette époque dégénérée, celui de l'improvisation. Favorisé par les Médicis et par les papes, il eut en outre l'honneur de travailler à Venise à côté des maîtres les plus réputés et d'être appelé en France à la cour d'Henri IL II s'était fait à la fois une réputation comme peintre à l'huile et comme fresquiste, comme peintre de décors de fêtes, comme compositeur de cartons pour tapisseries, comme interprète de l'histoire sainte, de la mythologie et de l'histoire moderne, sans en excepter le portrait.

Des leçons d'Andréa del Sarto, Salviati ne garda que la tendance à la frivolité, non ce sentiment de la couleur qui distinguait son maître (dans son Incrédulité de saint Thomas, au Musée du Louvre, le coloris est clair, jaunâtre, presque blafard, sans force et sans saveur). Au Parmesan il prit le goût de l'afféterie; à Michel - Ange ses effets de torse. Dans son Histoire du Christ, traduite en tapisserie par les ateliers florentins, il a accumulé les motifs violents et montré une fois de plus à quel point l'École florentine avait dès lors perdu tout sentiment de l'ordonnance.

Malgré la place que cet artiste a tenue auprès de ses contemporains, la postérité n'a pas à s'occuper de lui : il a reçu de son vivant le salaire auquel il avait droit.

Portrait de Salviati.

(D'après la gravure publiée

par Vasari.)

Le respect que nous devons à l'architecte éminent (voy. p. 33o), notre gratitude pour l'historien de l'art italien (voy. p. 178), nous obligent, sinon à juger avec sympathie, du moins à examiner avec attention l'oeuvre de Vasari en tant que peintre. Imitateur de Michel-Ange et de Raphaël, doué de plus de mémoire que d'imagination, l'artiste d'Arezzo donna de bonne heure l'exemple d'un éclectisme et d'une facilité peu dignes d'envie. On affirme que le vaste cycle des fresques du palais de la Chancellerie à Rome, Y Histoire du pape Paul III, fut achevé en cent jours. Il y parait bien ! Le cycle non moins considérable des fresques du Palais Vieux de Florence, l'Histoire des Médicis, exigea moins de temps encore; aussi l'auteur crut-il sage de s'en excuser dans la description qu'il nous en a laissée.

On a souvent accolé au nom de Vasari l'épithète de maniériste. Mais être maniériste, c'est avoir une manière ; c'est, en d'autres termes, avoir un parti pris, un style. Or Vasari n'est qu'un imitateur, alors qu'il n'est pas un plagiaire.

Apprécier l'École florentine de la seconde moitié du xvr' siècle est une tâche ingrate : jamais décadence plus irrémédiable n'a suivi d'aussi près épanouis-

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sèment plus radieux'. A l'absence d'inspiration vient s'ajouter le manque de goût; la pauvreté du style n'est égalée que par l'atonie absolue à l'égard de toute impression directe, de toute observation indépendante. Les disciples de Giotto n'avaient pas les yeux plus fermés sur la réalité que les Vasari ou les Zuccheri. L'emploi de formules d'atelier accuse ici comme au xiv° siècle la disparition de l'esprit de libre recherche; les réminiscences tiennent lieu d'inspiration.

i. Rappelons ici les noms de deux de ces décadents : Alessandro Allori(i 535- 1607), le neveu et l'élève de Bronzino, l'auteur d'une série de compositions aussi banales que déclamatoires ; Bernardino Poccetti (1542-1612), qui, en décorant, vers i58l, les plafonds du premier corridor des Offices, s'est du moins souvenu des traditions de la Renaissance dans ses arabesques à la fois touffues et élégantes.

Le Lustre de la cathédrale de Pise.

Diane et Actéon, par le Parmesan. (Villa Sanvitale a Fonlanellato, près de Parme.)

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