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JULES ROMAIN

En tant que collaborateur de Raphaël, Jules Romain prit part à l'exécution des fresques de la Stance à'Héliodore, de celle de Y Incendie du Bourg et surtout de celle de Constantin; il travailla également aux Loges, à la Farnésine, et mit la main à une infinité de tableaux de chevalet, signés du nom de son maître.

Entre temps, il produisait pour son propre compte, fournissant au cardinal Jules de Médicis, le futur Clément VII, les plans et le détail des décorations de la villa Madame, où il peignit entre autres un Polyphème gigantesque, et à Bald. Turini les plans de sa villa du Janicule (aujourd'hui villa Lante), qu'il orna des portraits de Raphaël, de la Fomarine, etc. (restés en place, mais fort endommagés) et de Scènes de l'Histoire romaine (au palais Borghèse).

Le coup de foudre qui privait l'École romaine de son chef et l'Italie de son plus grand peintre ne pouvait manquer de disperser la colonie, je devrais dire la famille groupée autour de Raphaël et retenue par les liens de l'affection plus encore que par ceux de communes aspirations artistiques. Le parti ennemi, inspiré par Michel-Ange et dirigé officiellement par Sebastiano del Piombo, se crut sûr du triomphe et laissa éclater une joie, indécente à coup sûr, mais singulièrement prématurée. On sait en effet aujourd'hui, grâce surtout aux ingénieuses déductions d'Antoine Springer1, avec quelle opiniâtreté Léon X résista aux obsessions des alliés et défendit les héritiers intellectuels de Raphaël.

L'achèvement des fresques de la salle de Constantin occupa Jules Romain et son collaborateur G. F. Penni jusqu'en 1024. A ce moment, la publication des fameuses estampes / Modi Ces Postures'), que Marc-Antoine avait gravées d'après les dessins de Jules, obligea celui-ci à chercher un refuge à Mantoue, où son ami le comte Bal. Castiglione lui ménagea un accueil excellent (voy. p. 266), tandis que son complice, le graveur, était jeté en prison par ordre de Clément VIP.

Dans sa nouvelle patrie, Jules Romain subit, il serait inutile de chercher à le nier, l'ascendant de Mantegna : il lui prit son goût pour les raccourcis, sa fermeté et, prononçons le mot, sa dureté; sur le plafond de la salle des Géants, il alla jusqu'à l'imiter directement : le centre de la voûte, avec ses colonnes et ses balustrades, sur lesquelles sont accoudés des personnages, procède en droite ligne du fameux plafond de la « Caméra degli Sposi » (t. II, p. 597). L'exemple du fondateur de l'Ecole mantouane le fortifia encore, si possible, dans son goût pour l'archéologie : non content de former une collection de

Portrait de Bagnacavallo.

(D'après la gravure publiée

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