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L'ECOLE DE FERRARE

suffisait de La vue d'un seul de ses tableaux, envoyé au loin. C'est le phénomène que l'on constate à Palerme pour le Parlement de croix de Raphaël, à Bologne pour sa Sainte Cécile, à Plaisance pour sa Vierge de Saint Sixte, devant laquelle le jeune Corrège poussa le cri : « Moi aussi je suis peintre! »

Innocenzo da Imola a laissé à Bologne beaucoup de tableaux religieux, dans lesquels la componction s'allie à de solides connaissances techniques.

On a reconnu aux derniers représentants de l'École bolonaise du xvie siècle, — Lorenzo Sabbatini (f 1677), l'imitateur du Parmesan et de Raphaël, et l'auteur de la Sainte Famille exposée au Louvre; Bartolommeo Passerotti (f 1093); Prospero Fontana (i5 1 2 - 1 Sç") et différents autres, — une sobriété, une exactitude , témoignant du moins du respect de l'art '.

Ces maîtres ont ainsi préparé l'avènement de la nouvelle Ecole de Bologne, représentée par les Carrache, Ecole aujourd'hui si honnie, mais à laquelle on ne saurait refuser le mérite d'avoir enrayé la peinture sur une pente fatale et d'avoir réagi, par l'intention du moins, contre la pire dégénérescence.

La Madeleine, par Tim. Viti. (Pinacothèque de Bologne.)

La laborieuse et vaillante Ecole de Ferrare prend son essor avec le xvie siècle. Aux trésors de connaissances positives réunis par les maîtres de l'ère antérieure, — les Cosimo Tura, les Ercole de' Roberti, les Cossa et les Costa, — à leur dessin parfois trop serré, elle ne tarde pas à unir une chaleur de coloris toute vénitienne. En même temps elle substitue à leur conception souvent trop réaliste tous les élans de la foi relimeuse2.

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