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Le Cicérone

2. Bibl. : Les ouvrages de Baruffaldi et de Cittadella. — Harck : Archivio storico dcW Arle, 1888, p. 102-106. — Venturi, dans le même recueil.

E. Mùntz. — III. Italie. La Fin de la Renaissance. 71

Ercole Grandi (mort vers 1 535), quia été longtemps confondu avec Ercole de' Roberti (voy. t. II, p. 619-612), fait son apparition en 1489 à la cour de Ferrare1. Il menait de front la peinture et l'exécution d'esquisses pour des ouvrages de sculpture ou des ornements. Sa création principale est la décoration d'un des plafonds du palais Scrofa-Calcagnini à Ferrare. Il y peignit, en trompe-Fœil, à la façon de Mantegna, une balustrade sur laquelle s'accoudent divers spectateurs (voy. p. 100). L'influence de Costa, qui perce dans les types de cette composition, se trahit également dans les retables ou tableaux de chevalet attribués à Grandi, mais sur l'authenticité desquels les critiques modernes ne se sont pas encore mis d'accord.

Lodovico Mazzolini, né à Ferrare vers 1481, mort dans la même ville entre 1628 et i53o, continua la tradition de Lorenzo Costa, puis celle d'Ercole dei Roberti, en y mêlant parfois quelques accents flamands2. Ses compositions se reconnaissent à leur groupement touffu, souvent sans air, à leur coloris chaud, mais légèrement opaque, avec des tons rouge -brique, à leurs proportions trapues, à leurs grosses têtes rondes, sans grande expression, à la richesse des ornements. Il se plaît aux scènes mouvementées, comportant de nombreux personnages : le Massacre des Innocents (Musée des Offices et Musée de la Haye), le Christ parmi les docteurs (1624, Musée de Berlin), le Christ montré au peuple (Musée de Chantilly et Musée de Dresde). Son Adoration des Bergers, au Musée des Offices, conserve encore quelque chose de la termeté, comme aussi de l'archaïsme des Primitils, mais l'ordonnance et les types pèchent également par la pauvreté. Au Louvre, ce maître est représenté par une Sainte Famille, insignifiante, et par un Christ préchant la foule, composition nourrie comme celles de certains Flamands du xvie siècle, d'un coloris vigoureux, mais dont les types exotiques offrent trop de vulgarité.

Benvenuto Tisi da Garofalo (1481-1559) est l'expression la plus complète et la plus élevée de l'École ferraraise3. Coloriste habile — il avait reçu les leçons de ses compatriotes Domenico Panetti, Lorenzo Costa, Dosso Dossi, peut-être aussi celles du Crémonais Boccacino, — il se familiarisa, dans la fréquentation de Raphaël, avec le culte de la forme et la recherche de l'idéal.

Garofalo n'est guère sorti du cycle religieux (voy. p. 118), mais dans ce domaine il a abordé, ou peu s'en faut, tous les sujets : les scènes de la vie du Christ, celles de la vie de la Vierge, la légende des saints, la glorification de la Religion sous une forme allégorique, etc. Son coloris, toujours très nourri, parfois lumineux et vibrant, ses sentiments empreints d'une réelle ferveur (voy. p. 39), font oublier ce qui lui manque du côté de l'invention ou du

1. Bibl. : Venturi, Archivio storico dell' Avte, 1888, p. 198-201 .

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