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Ridolfi, le Maiaviglic dell' Arte, t. II, p

que les joies du Paradis. Une foule de personnages historiques, des saints, etc., donnent de l'intérêt à cette apothéose grandiose de la vertu.

En tant que portraitiste, le Tintoret a laissé des ouvrages aussi nombreux qu'excellents (Académie de Venise, palais Pitti; son propre portrait au Musée du Louvre, etc.). Il s'est plu parfois à intéresser, non pas seulement en accentuant la physionomie de ses héros, mais encore en recourant à la mise en scène, à un semblant d'action.

Essayons de résumer les traits dominants de cette nature fougueuse. Quoique

mort peu d'années seulement après Véronèse, le Tintoret est déjà complètement engagé dans la décadence ; ses figures, d'ordinaire plus rondes et plus vides que celles de son émule, portent jusqu'à l'excès les traces de l'improvisation; il n'est pas difficile de découvrir que beaucoup d'entre elles sont absolument peintes de chic.

Telle est au xvie siècle la vitalité de l'art vénitien, qu'à côté de ces maîtres éminents nous trouvons mieux encore qu'une nuée d'élèves ou d'imitateurs, je veux dire un essaim d'émulés dont plusieurs ont brillé au premier rang, sinon par l'ensemble de leur œuvre, du moins par quelque page capitale.

La Nourrice des Médicis.

Par Paris Bordone.

(Palais Pitli.)

Né à Trévise vers i5oo, mais fixé jeune encore à Venise, où il mourut en 1671, Paris Bordone prit de bonne heure place parmi les sectateurs les plus brillants de Giorgione et du Titien. Sa réputation lui valut une invitation à la cour de France , où il passa quelque temps (peut-être y fit-il deux apparitions, l'une en i538-i540, l'autre en i55g). Une dynastie de banquiers-Mécènes, les Fugger, l'appela également auprès d'eux, à Augsbourg (vers i5qo). Il séjourna en outre plus ou moins longuement à Vicence, à Crémone, à Gênes et à Turin.

Bordone a abordé avec un égal brio la peinture religieuse, la mythologie (Vertumne et Pomone, au Louvre, Jupiter et Antiopc, à la villa Borghèse à Rome, Diane, Apollon et Marsyas, au Musée de Dresde, Daphnis et Chloé, à la National Gallery), et enfin le portrait. Mais malgré la diversité des genres, qu'il peignît la Bethsabée du Musée de Cologne, ou Mars, Vénus et Cupidon, de la galerie Doria à Rome, ce sont les instincts les plus profanes qui se font jour chez lui. Personne ne s'entend mieux à improviser de superbes ordonnances de monuments, à déployer de riches costumes, à évoquer l'idée de la pompe et de l'éclat.

La Mise au tombeau, par le Tintoret. (Musée des Offices. (D'après la photographie Je MM. Braun, Clément et C"\

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