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L'ECOLE DE BRESCIA

plus de morbidesse '. Les églises de la région renferment un grand nombre de peintures religieuses sorties de son pinceau et comprises entre les années 1496 et 1540.

Un autre artiste originaire de Brescia, Fioravante Ferramola, s'efforça de concilier les leçons de Vincenzo Foppa avec celles de Costa et de Francesco Francia.

Le Mois de Mai, d'après un carton attribué à Bramantino Suardi. (Collection Trivulce à Milan.)

Giovanni Girolamo Savoldo ou Girolamo Bresciano a partagé son existence entre sa ville natale et Venise, abstraction taite de quelques séjours de peu de durée à Florence et à Trévise. On ignore les dates de sa naissance et de sa mort : on sait seulement, par une lettre de l'Arétin, qu'il vivait encore en 1648, très

âge.

1. Bibl. : Caffi, di Vincen~o Civcrchio da Crema, bitlorc, architetto, intagliatore dd secolo XV- .VI 7. Florence, i883. — La Grande Encyclopédie.

Llèvede Jean Bellin et imitateur du Titien, Girolamo Savoldo s'est avant tout rompu aux difficultés du coloris : dans son portrait d'homme armé du Louvre, il a entouré le personnage d'une série de miroirs, destinés à le montrer sous toutes les faces, comme l'avait fait Giorgione pour sa figure nue (p. 585). Néanmoins on lui reproche d'avoir donné à ses carnations un ton rouge trop uniforme et à ses ombres une tonalité trop noire. Cette tendance éclate surtout dans le second portrait exposé au Louvre : un homme en costume du xve siècle, coiffé#d'un bonnet noir; le modelé y est ferme jusqu'à la dureté (on dirait un Antonello de Messine taillé dans le bois) ; le coloris va du brun au rouge brique. Par contre, les études pour des tètes d'apôtres ou de saints, conservées dans la même collection (n° 378), offrent une facture libre et large, mais dépourvue de saveur.

Girolamo Romanino ou Girolamo da Brescia (né en 1485 ou i486, mort en T 566) mêla aux enseignements qu'il avait reçus dans sa ville natale des éléments puisés dans l'étude des peintres du Frioul et de Giorgione. Il rachetait par un coloris tour à tour chatoyant, riche ou moelleux, par le mouvement et l'allure de la composition, une certaine pauvreté ou lourdeur de formes.

Crémone, Padoue, Venise, Trente, semblent avoir été les limites extrêmes des pérégrinations de ce maître éminent, que je regrette de ne pouvoir étudier ici d'une manière plus complète. Il y peignit de nombreux tableaux d'autel (entre autres la Sainte Conversation du Musée de Padoue, qui peut se mesurer avec les plus beaux tableaux de Venise), des fresques, des portraits.

Le plus considérable des peintres bressans, Alessandro Bonvicino, surnommé il Moretto (né en 1498, mort en i555), fréquenta d'abord l'atelier de Fioravante Ferramola; il s'inspira ensuite plus ou moins directement de Romanino et du Titien. Il ne quitta Brescia que pour faire quelques apparitions à Bergame, à Milan et à Vérone. Coloriste d'une science consommée, à la gamme légère, transparente, argentine, autant que celle des Vénitiens est chaude, aux formes pleines, amples et majestueuses, il peupla sa ville natale de retables d'une grande tournure, principalement des Vierges triomphantes. Si son Saint Pierre martyr, du Musée de Brera, est passablement agité, il y a autant de grâce que de noblesse dans sa Sainte Justine du Musée de Vienne. L'inspiration religieuse s'allie constamment chez lui à la recherche des effets de l'art. Rien de plus recueilli que sa Vierge trônant, de la Pinacothèque du Vatican, ou ses quatre Saints du Musée du Louvre.

Les portraits de Moretto ont autant de gravité que d'aisance : ce sont des figures amples et pleines, plutôt que vives et spirituelles (voy. la gravure de la page 74).

Nous ferons connaissance, en étudiant l'histoire de la peinture à Bergame, avec G. B. Moroni, le plus éminent d'entre les élèves de Moretto.

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