‹ Histoire de l'art pendant la renaissanceChapitre 279 sur 304 · Voy. p · texte numérisé non relu

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2. Biel. : Fisher, Marc Antonio Raimondi. Burlington Fine Arts Club, 1868. — Fillon, Nouveaux Documents sur Marc-Antoine Raimondi. Paris, 1880. — Thode, die Antilien in den Stichen Marcantons, Agostino Vene^iano's uud Marco Dente's. Leipzig, 1881. — Lippmann : Ein Holischnitt von Marcantonio Raimondi (extr. de Y Annuaire des Musées de Berlin). — Comte Delaborde, Marc- Antoine Raimondi. Paris, 1888.

3. On attribue à un compatriote de Raimondi, Jacopo Francia (d'après d'autres, Giulio Francia), plusieurs estampes dont la tenue va parfois jusqu'à la sévérité : telles la Lucrèce et la Cléopâtre, qui allient à un certain archaïsme la noblesse et je ne sais quel charme.

d'imposer par leur grande tenue, la franchise et la noblesse de l'exécution.

L'exemple de Marc-Antoine est bien fait pour nous montrer ce que peuvent, en matière d'art, la conviction et le labeur : la volonté chez lui tient invariablement lieu d'imagination. Il était incapable, je l'affirme sans hésiter, d'inventer la composition même la plus rudimentaire ; j'irai jusqu'à parier qu'il éprouvait un embarras extrême à tracer fût-ce le plus simple des croquis. Mais placez-le devant un modèle déterminé — qu'il ait pour auteur un artiste de l'antiquité, Michel-Ange, Raphaël, Bandinelli — et mettez-lui le burin à la main, vous le verrez se transformer en interprète incomparable !

Est-il nécessaire d'ajouter que, dès qu'il se néglige ou s'oublie, sa lourdeur première reprend le dessus. De là les imperfections qui déparent un certain nombre de ses gravures.

Rien n'est plus instructif à ce sujet qu'un parallèle entre les estampes du maître italien et celles de son émule d'outre-monts, Albert Durer. Comme le burin de celui-ci est pénétrant, comme il sait fouiller là où l'autre s'efforce d'arrondir et de synthétiser. N'étant arrêté par aucune considération de style, l'artiste allemand peut reproduire plus facilement la réalité avec ses nuances infinies.

Agostino di Musi de Venise ou Agostino Veneziano, le plus habile parmi les élèves de Marc-Antoine, débuta comme celui-ci par la copie des gravures de Durer. Fixé à Rome vers i5i6, il reproduisit, sous la direction de son maître, plusieurs des plus belles compositions de Raphaël, entre autres Elymas frappé de cécité, Vénus blessée et l'Amour, le Portement de croix. A cette École il acquit, d'après la définition de M. Duplessis ', « une sagesse dans les contours et dans le modelé, une sobriété dans le maniement du burin qui lui étaient inconnues précédemment ». La dernière partie de la carrière de ce maître, dont on perd les traces en i536, fut consacrée à la reproduction des compositions d'Andréa del Sarto, de Jules Romain, de Jean dUdine, de Bandinelli (voy. la gravure de la page u3) et de différents autres peintres. Il grava également des portraits, des motifs d'architecture, des ornements.

Marco Dente de Ravenne a pour lui une rare souplesse dans le maniement du burin et réalise parfois des effets de clair-obscur véritablement brillants. Dans le Combat de cavalerie (Bartsch, n° 420) on admire le sentiment de la couleur, et je ne sais quel pressentiment des ressources de l'eau-forte, qui se mêle à de vagues réminiscences d'un chef-d'œuvre de Martin Schœn : Saint- Jacques le Majeur combattant les Infidèles.

Dente a gravé avec précision et éclat une série de bas-reliefs antiques, entre autres le Trône de Neptune, qui lui a inspiré une planche superbe (Bartsch,

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