Archivio storico deïï' Arte, 1898, p
6. Bibl. : Maindron, les Armes (Bibliothèque de l'Enseignement des Beaux-Arts).
E. Ml'intz. — III. Italie. La Fin de la Renaissance. <p
domaine plus restreint de la serrurerie ! La clef du palais Strozzi (gravée p. 76) est aussi fine comme ciselure que nourrie et élégante comme composition: sirènes, masques, dauphins s'y marient avec une incomparable suavité.
Dans l'Armurerie, tout, jusqu'aux plus humbles auxiliaires du harnachement, mors, étriers, forme matière à surprises ou à méditations. Il est difficile de faire saisir, dans le peu de lignes dont je dispose, l'extrême variété et l'extrême richesse des engins de destruction inventés par la Fin de la Renaissance : cuirasses gravées par les habiles armuriers de Milan, haches d'armes aux fines ciselures, arquebuses damasquinées ou incrustées soit de nacre, soit d'ivoire, épées à la poignée d'acier fouillée comme une statuette d'ivoire, casques surmontés de chimères, de dragons et d'aigles, canons fondus par les Alberghetti.
Pour la Marqueterie en métal et la Damasqjjinure, on vante l'habileté avec laquelle Francesco del Prato de Florence (f i5Ô2) exécutait les figures,
le feuillage, les ornements de toute sorte, entre autres sur une armure destinée au duc Alexandre de Médias.
Clef d'arquebuse italienne du xvr siècle.
(Collection Spitzer.) Par un concours de cir-
constances véritablement exceptionnelles, I'Orfèvrerie prit à ce moment dans les mœurs publiques aussi bien que dans les mœurs privées une importance qu'elle n'a eue ni auparavant ni depuis. C'est le moment où les distinctions de toutes sortes, la rose d'or, l'épée d'honneur, la chaîne offerte à quelque haut personnage, les cadeaux princiers, tout se traduit par les productions des orfèvres '. Les redevances des cités se composent également très souvent de pièces d'orfèvrerie. Jamais encore- ces productions et celles des branches congénères n'avaient joué un tel rôle dans les relations de souverains à souverains. Le pape Clément VII, se préparant à se rendre à l'entrevue de Marseille (i533), s'occupe avec les soins les plus méticuleux de faire enchâsser par les orfèvres les plus habiles la superbe défense de licorne qu'il se propose d'offrir à François Ier. Parlerai-je de la richesse de l'argenterie, de l'extension de l'orfèvrerie aux plus modestes instruments ou ustensiles : sonnettes, encriers, fermoirs de livres ? Son domaine est infini, et ce serait presque écrire l'histoire de la civilisation pendant la der-
1. Bibl. : T. II, p. 822. — Ronchini, Mamw orejice fioreiitino. Modène, 1873. — Cf. l'article de M. de Fabriczy dans YArclrivio storico dell' Arte de 189-), p. I4Ç)-i5o. — Ronchini, i Bon\agni c Loremp da Paru/a coniatori (Pcriodico di Numismatica e Sjragistica, t. VI). — Santoni, Maestro Tobia da Camerino orafo ed emulo di Benvenuto Celliui (1530-1550). Camerino, 1888. — Anselmi, la Croce astile di Cesarino del Roscetto per la chiesa di San Medardo in Arcevia. Rome, 1889. (Extr. de YArchivio storico dell' Arte.') -- Les ouvrages de M. Pion sur Benvenuto Cellini et Leone Leoni. — VArchivio storico delV Arte de if