Geschichte der Maïerei, t. II. p
Le Mobilier italien au xvr siècle, d'après une peinture de Sodoma. (Palais de la Farnésine à'Rome.)
contournés), le coloris est sans chaleur et même sans intensité. C'est de la peinture en petit ; ce n'est plus de la miniature. Si l'enlumineur sait encore donner aux camées des bordures toute la finesse désirable, il montre, en adoptant pour beaucoup d'autres parties un ton de camaïeu gris ou bronze, combien le sens de la vision s'était altéré dès cette époque '.
Un artiste étranger, dom Giulio Clovio (1498- 1578), né en Croatie, mais fixé de bonne heure en Italie, incarne les dernières manifestations de la miniature italienne2. L'ornementation ne joue plus chez lui qu'un rôle accessoire : elle n'est que trop souvent vide et banale. Ce qui l'intéresse, c'est de composer ou de copier des tableaux ; il s'y entend à merveille et donne à ces compositions microscopiques un rare degré de fini. Parfois même il réussit à créer des ensembles où le sentiment dramatique s'allie à l'entente de l'effet décoratif. Telle est la miniature de la Divine Comédie que nous avons fait reproduire ci-dessus (p. 198) : elle est aussi noble de formes qu'ingénieuse comme conception.
L'Lmaillerie compte à peine dans la Renaissance italienne du xvf siècle. Celle-ci a trop facilement abandonné à la France le monopole des émaux peints, gloire impérissable de Limoges.
La Mosaïque en marbre, ou plus exactement la Marqueterie en marbre, reçoit un développement inespéré, grâce à la fondation de la manufacture florentine des pierres dures". Désormais, pour une période de près de trois siècles, les artistes attachés à cet établissement assembleront avec autant de goût que de patience les fragments d'onyx, de lapis lazuli, de fluorine, qui, en s'emboîtant les uns dans les autres, dessineront sur les bijoux ou les meubles les bouquets les plus exquis ; ils appliqueront même leurs procédés minutieux entre tous à la décoration monumentale : la chapelle des Princes ou chapelle des Pierres dures, une des dépendances de l'église Saint -Laurent, rend témoignage à la fois de leur habileté et de la magnificence des Médicis.
La Marqueterie en bois, la « tarsia in legno », se plie, comme par le passé aux tâches les plus diverses; tantôt elle enrichit les églises ou les palais de boiseries monumentales, tantôt elle orne quelque coffret d'ornements, chefsd'œuvre de fini4. On a pu voir dans mon précédent volume (p. 826-827),
1. Rappelons également ici le nom du miniaturiste Vincent Raymond de Lodève, qui travailla longtemps pour le pape Paul III (i.538 et années suivantes).
2. Bibl. : Kukuljevic Sakcinski, Lebeu des G. JiiJius Clovio. Agram, 18S2. — Ronchini, Giulio Clovio (Atti e Memorie délia Deputa^ione di Storia patria per le Provincie parmensi e modenesi, t. III, p. 209-270). — Bertolotti, Don Giulio Clovio. Modène, 1882. — Les Archives des Arts. Première série, p. 71-72. — Bradley, the Life and Works of J. Giulio Clovio viiniaturist. Londres, i8qi.
3. Bibl. : Zobi, Notifie storiche dell' origine e progressi dei Lavori di conunesso in Piètre dure che si eseguiscono mil' 1 e R. Stabilmento di Firen^e. 2° édit. Florence, ]853.
4. Bibl. : T. I, p. 708. — Scherer, Technik und Geschicbte der Intarsia. Leipzig, 1891. — Si