LA DENTELLE
d'Angelo di Farfengo de Crémone et de Jean Lenglès de Calais, tous deux attachés à la cour pontificale, au temps de Clément VII. Vasari, de son côté, cite avec éloges Niccolô de Venise, l'ami de Perino del Vaga.
La Dentelle ' était un des derniers venus parmi les arts décoratits (voyez tome II, page 835); elle regagna rapidement le temps perdu.
Les Mois. Tapisserie florentine exécutée par Jean Rost, d'après les cartons de Bachiacca. (Musée des Tapisseries de Florence.)
Dès 1 52 7 paraissait à Venise le Libro primo de Rechami, auquel succéda en i5So YEsempJario di Lavori dove le tenere fanciulle et altre donne nobili potranno
facilemeute imparare il modo et ordine di lavorare con l'aco in mano..., suivi
d'innombrables publications analogues. Longtemps encore ces recueils, qui contiennent d'ailleurs des modèles de broderies aussi bien que des modèles de
I. Bibl. : Mme Bury Pallisser, Histoire delà Dentelle . — Seguin, la Dentelle. Paris, 1(87.5. — Urbani de Gheltof, Trattato storico teenico délia Fabrica^ione dei Merletti vciu\iani. Venise, 1878. — Livres à dentelles, reproduits et publiés par Amand Durand sous la direction de M. Bocher. Paris, i883. — Lefébure, la Broderie et tes Dentelles.
E. Muntz. — III. Italie. La Fin de la Renaissance.
dentelles, conservent un caractère archaïque; les motifs y manquent d'élégance et même de netteté. Dans la Fera Perfettione del Disegno (Venise, i5ç)i), dont nous avons reproduit plusieurs gravures (voy. notamment p. 5o3), règne encore je ne sais quelle saveur de la Première Renaissance; la fraîcheur des impressions s'allie à une certaine timidité dans la composition.
Il n'est pas jusqu'au cuir qui, sous ces mains diligentes, ne se transforme en ornements élégants.
L'industrie du Cuir sculpté et du Cuir gaufré , cette industrie à peine représentée de nos jours dans les collections publiques, se montre à nous sous plusieurs faces distinctes, sous forme de coffrets (ancienne collection Spitzer) , de fourreaux d'épées ou de poignards (tourreau de l'épée de César Borgia au Musée de South Kensington), d'étuis pour les livres, de reliures, etc.
Quoique les Italiens fissent fréquemment usage , dès le xve siècle, de Cuirs de Cordoue (ils les appelaient « quoio rosso di Spagna, quoio d'oro Spagna, quoio d'ariento di Spagna, corami d'oro »), ils attendirent longtemps avant d'en fabriquer à leur tour.
L'histoire de la Reliure italienne à l'époque de la Renaissance est encore à faire2. Gustave Brunet n'a-t-il pas écrit que « l'art véritable de la reliure ne commence qu'avec Grolier ! = » .
En réalité les relieurs italiens étaient restés en retard; ils avaient conservé fort longtemps les pratiques du moyen âge, faisant alterner les couvertures en parchemin ou en soie avec les couvertures en cuir. S'agissait-il d'un manuscrit particulièrement précieux, on ajoutait des plaques d'émail ou des nielles. Les volumes de la bibliothèque du pape Eugène IV (f 1447) étaient la plupart reliés en cuir blanc, rouge, noir, vert, ou en parchemin; beaucoup d'entre eux sont mentionnés comme reliés « modo florentino ». Parfois il est question de couvertures en étoffe (« coopertus panno serico antiquissimo »). Le pape Nicolas V (-j- 1455) poussa infiniment plus loin le luxe des reliures : tout en continuant à employer le cuir, tantôt uni, tantôt gaucopertus corio rubeo impresso »), parfois aussi le parchemin,
Gaine en cuir gravé et estampé.
(Ancienne collect*" Spitzer.)
tré (« liber..
1. Voy. les Collections des Médicis au XV siècle, p. 22, 29, 82, ç3.
2. Bibl. : G. Brunet, la Reliure, ancienne et moderne, Paris, 1878. — Gruel, Manuel historique et bibliographique de l'Amateur de Reliures. Paris, 1887. — Bouchot, les Reliures d'art à la Bibliothèque Nationale. Paris, 1888. — Adam, der Bucheinbaud. Leipzig, i3ço.