‹ Histoire de l'art pendant la renaissanceChapitre 5 sur 304 · I. Voyage eu Italie, t. II, p · texte numérisé non relu

I. Voyage eu Italie, t. II, p

LE SENTIMENT NATIONAL

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Il nous reste à examiner quelle influence les révolutions politiques de l'Italie ont exercée sur les destinées de l'art.

Nous avons la joie de constater, dès le principe, que, malgré tant de calamités, l'ardeur des Italiens pour les manifestations de la beauté ne s'affaiblit pas : même dans les provinces les plus éprouvées, telles que le Milanais, églises et palais continuèrent de surgir comme par enchantement : au lieu de répéter avec le poète antique que « l'art est une très faible puissance auprès de la nécessité1 », ou, avec Sebastiano del Piombo, que c'est le moment de songer aux « armi », non aux « marnii » (lettre de i5i5 à Michel-Ange), ils se fortifient dans leur foi; ne pouvant vaincre par le fer, ils s'efforcent de vaincre par l'esprit. Les épreuves par lesquelles ils ont passé, aucune puissance humaine n'aurait pu les écarter : félicitons-les d'avoir su garder leur sérénité et leur culte de l'idéal là où bien d'autres nations se seraient laissées aller à l'abattement.

Les oppresseurs mêmes de l'Italie furent

gagnés par cette contagion. On sait si Charles-Quint se laissa vaincre en ardeur ou en libéralité! Il n'y eut pas jusqu'aux vice-rois espagnols de Naples qui ne fissent parfois taire la cupidité en laveur de la vanité et n'ambitionnassent d'attacher leur nom à quelque page monumentale. Les œuvres d'art jouaient un rôle même dans les négociations diplomatiques. Les princes italiens faisaient leur cour à Charles-Quint aussi bien qu'à

Armes italiennes du xvi" siècle. Epée. (Collection Spitzer.

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